Un nouveau label qui associe bio et made in Belgium

Les consommateurs étaient demandeurs depuis longtemps d’un label qui puisse garantir l’aspect local des produits. Le voici : il s’appelle « Biogarantie made in Belgium ». Il garanti que la production et la transformation du produit soient faites sur le sol belge, tout en garantissant également l’aspect bio et fairtrade.

Vos fraises sont bio mais elles viennent d’Espagne ? Votre sauce tomate est pleine de légumes belges mais elle est préparée en Allemagne ? On peut encore trouver de nombreux exemples de produits qui semblent correspondre à un critère de consommation que l’on pourrait qualifié de « réfléchi », voire de « durable », mais l’univers impitoyable de la distribution est trompeur. Voici un nouveau label qui pourrait bien nous aider à faire les meilleurs choix.

Labels en vrac

L’univers des labels n’est pas simple à comprendre pour le consommateur lambda. En résumé, en ce qui concerne l’alimentaire bio, il existe le label bio européen officiel (la petite feuille verte) et avant d’ajouter un autre label bio en plus, qui impose souvent des contraintes plus strictes que celles du label européen, on doit obligatoirement obtenir ce dernier. On peut ensuite y ajouter un autre label bio, comme par exemple le label Biogarantie® et désormais le fameux label Biogarantie made in Belgium®.Ces labels sont belges et correspondent à des cahiers des charges gérés par les associations nationales représentatives du secteur bio en Belgique (en l’occurrence l’Unab – l’Union des agriculteurs belges -, Bio forum Vlaanderen et Unitrab). Ces labels sont contrôlés par des organismes indépendants (comme Certisys par exemple).

Plus que du bio

Ce qui est intéressant avec ces labels, c’est que, d’une part, ils couvrent des secteurs non réglementés par le label européen, notamment dans les domaines du catering, des produits d’entretien ou encore des cosmétiques (comme le label Ecogarantie par exemple, géré par la même société que Biogarantie). Et d’autre part, concernant la nourriture, ces labels vont aussi plus loin que le label européen qui ne garantit que le caractère bio du produit à proprement parlé, comme nous l’explique Frédéric Bodart, directeur de Probila-Unitrab, qui gère les trois labels belges : « Ecogarantie garantit des produits sûrs pour le consommateur mais aussi pour l’environnement et également pour les travailleurs puisqu’il garantit le respect de leurs droits et une rémunération juste. Le zéro déchet et le caractère durable de l’entreprise sont pris en compte également. Pour les ingrédients, lorsqu’ils sont végétaux, ils doivent être 100% bio. Biogarantie est quant à lui utilisé sur des produits alimentaires. Il garantit le caractère bio du produit mais également l’application de prix équitables pour les travailleurs, la conservation des ressources : eau, énergie, biodiversité, la minimisation du transport, des emballages et des déchets. » Frédéric Bodart rappelle également que  Biogarantie est le premier label créé dans les années 80, avant que le label européen n’existe.

Le caractère territorial pris en compte

Le label européen est une règle globale, qui a certainement le mérite d’exister et de se perfectionner sans cesse, mais il prend cependant très peu en compte les spécificités territoriales. C’est là que le label Biogarantie et plus encore Biogarantie made in Belgium viennent s’insérer : « Ce qui me plait dans le label Biogarantie en tant que consommateur, c’est justement que ce label s’attache à répondre à toutes les particularités qui font la richesse de nos terroirs. Pour les producteurs, la notion du bien-être animal est prise en compte, comme l’obligation de recourir à un écosystème au niveau du sol, ou la notion du juste prix pour l’agriculteur,  etc.  Pour les transformateurs, c’est un plus  de pouvoir affirmer que leurs produits sont d’origine belge controlée, transformés en Belgique et cela en plus d’être bio », affirme Frédéric Bodart. Et enfin, pour l’horeca, le nouveau cahier des charges va permettre au restaurant ou au café de prouver qu’ils sont vraiment bio, ce qui implique un petit plus non négligeable pour tous : « les écochèques ne peuvent être utilisés que pour les produits estampillés bio donc pour l’horeca une telle reconnaissance leur permettra de pouvoir accepter ce moyen de paiement. »

Lucie Hage

www.biogarantie.be

Une ferme sur sept est bio en Wallonie

Comme chaque année, BioWallonie a compilé et analysé les chiffres disponibles sur l’évolution du bio. Et vous vous en doutez, en 2018, le bio a continué son bonhomme de chemin avec, en Région wallonne, 117 fermes de plus qui se sont converties. A présent, en Wallonie, une ferme sur sept est bio ! Elles représentent 11% des surfaces agricoles. Si on prend un peu de recul, en quinze ans, les surfaces bio en Wallonie ont été pratiquement multipliées par quatre !

Toujours plus de bio

Les dépenses des consommateurs ont parallèlement bien évolué aussi avec +18% en Belgique et surtout… +40% en Wallonie, puisque la part de marché du bio est passée de 3,5% à 4,8% en un an !

En Belgique, toutes Régions confondues, le secteur connaît toujours une croissance à deux chiffres avec +15% de dépenses en bio en 2018 par rapport à 2017. Les légumes, les fruits, les produits laitiers et puis les œufs sont les principales denrées que le Belge achète en bio.

Malheureusement, ce sont toujours les personnes qui ont un pouvoir d’achat relativement élevé qui constituent le noyau des consommateurs du bio. En premier lieu, des familles avec enfants disposant d’un haut revenu et, ensuite, des pensionnés disposants de moyens confortables également. Dommage car, sans jugement aucun, nous sommes convaincus que changer quelques habitudes de consommation permet d’accéder à des produits de qualité, bio, en augmentant peu le prix du panier. Mais en tout cas, le bio fait son chemin avec un consommateur qui le fait aussi, à sa manière et à son rythme…

Concernant le moyen de s’approvisionner, nous sommes heureux de constater que le premier canal d’achat du bio, les supermarchés classiques, continuent à perdre du terrain face aux petits commerces spécialisés qui représentent en Wallonie 30% des achats bio, progressant donc de 7% par rapport à 2017.

Progression spectaculaire des cultures maraîchères 

Poussées par la demande croissante du consommateur et des entreprises pour les fruits et légumes bio, les cultures maraîchères ont progressé de 50% entre 2017 et 2018, passant de1.195 à 1.794 hectares. Cependant, pour le moment, même si cette proportion a tendance à baisser, les trois quarts des surfaces bio wallonnes sont composées de prairies. Dans le quart restant, seulement 2,7% sont consacrées, par exemple, aux fruits et légumes (ou encore à la production de semences et plants surtout axée sur les céréales qui a quasiment quadruplé en un an !).

Le nombre d’animaux élevés en bio a doublé 

En quatre ans ! Et en 2018 précisément, leur nombre a progressé de 24%, surtout grâce aux filières poules pondeuses, aux vaches allaitantes  (en dix ans, leur nombre a quasiment doublé) et à la filière porcine, même si cette dernière commence seulement à reprendre des forces après plusieurs années de crise. 

La Flandre loin derrière

Si 6,6% de la surface agricole belge est consacrée au bio, 91% de ceux-ci sont situés en Wallonie. Cependant, l’évolution en 2018 a été un peu plus importante, proportionnellement, en Flandre, avec +7,4% de surface agricole. La Flandre se réveillerait-elle ? Au final, les deux Régions comptent actuellement respectivement, 514 et 1472 fermes bio. 

J’ai testé pour vous la coupe énergétique de Sébastien Ledentu

Il y a un lien direct entre notre force vitale et notre chevelure, cette matière vivante souvent considérée comme un élément superficiel alors qu’elle parle pourtant si bien de nous. Notre tignasse n’est-elle pas tristounette quand nous sommes épuisés  ? Rencontre avec Sébastien Ledentu qui pratique la «  coupe énergétique » et qui m’a livré quelques bribes de son savoir extraordinaire sur les mystères capillaires, tout en coupant mes cheveux… comme un artiste peint sa toile  ! 

Sur une charmante petite placette bruxelloise qui surplombe le Manneken Pis, niché au deuxième étage d’une maison qui a dû naître avant la Belgique elle-même, je découvre l’antre de Sébastien Ledentu. «  Le centre de Bruxelles possède des endroits extrêmement puissants énergétiquement  » nous dira celui-ci, qui est né à Compiègne près de Paris et qui, après avoir vécu longtemps à Toulon, est devenu un des plus fervents ambassadeurs de notre capitale où il s’est installé en 2010. Alors, bien sûr, l’emplacement de son salon, il l’a choisi avec attention. Dès mon arrivée, je suis accueillie chaleureusement par son collaborateur Serge Picard et je ressens un apaisement immédiat. C’est parti pour une coupe énergétique!

Prendre le temps 

Mon intuition sera vite confirmée par ma rencontre avec «  l’artiste  » qui reçoit une seule personne à la fois, histoire de pouvoir réellement l’écouter et la bichonner. Prévoyez bien deux heures si vous venez le consulter (ce mot n’est pas choisi au hasard). Moi, j’y suis même restée deux heures et demie. Mon côté babelutte n’a pas résisté à son oreille attentive. Et je vous promets qu’à aucun moment Sébastien n’a essayé de me pousser vers la sortie ! Il m’a écoutée religieusement en caressant ma chevelure qui ronronnait de plaisir et en m’expliquant en détail chacun de ses gestes. Ce sera d’ailleurs ma première conclusion  : ici, on a le droit de prendre le temps.

  

« Psychocapillaire  »  

Plus qu’une vocation, son métier est une véritable passion  : «  Il m’est arrivé d’avoir envie d’écourter mes vacances parce que les cheveux me manquaient. J’ai réellement une relation d’amour avec le cheveu et ce, depuis l’enfance, quand je coupais tout ce qui y ressemblait, de la poupée Barbie aux franges des fauteuils crapaud », me confie Sébastien Ledentu. Cependant, ce dernier est loin d’être seulement un technicien. Il aime d’ailleurs qualifier son métier de «  psychocapillaire  » car il considère la personne comme un tout, le psychique se reflétant aussi dans la chevelure. Avant de couper et si vous le permettez, Sébastien vous partagera quelques interprétations liées à ses observations. Chaque zone du cuir chevelu représente une sphère émotionnelle  : celle de la relation avec le père ou avec la mère, celle de l’intellect, celle du «  Moi  » profond, etc. En ce qui me concerne, et en très résumé, j’avais selon lui les cheveux «  énervés  » car on pouvait voir beaucoup d’électricité statique. J’avais également beaucoup d’agitation dans mon «  Moi  » profond et puis un intellect très (trop) occupé. Des observations décelées dans mon implantation, mes épis, mes ondulations, les endroits où les nœuds étaient formés…   

Une pincée de Shiatsu 

Deuxième étape  : après avoir été complètement apprivoisée, je suis invitée à m’installer dans le fauteuil auto massant pour le shampoing. Celui-ci s’accompagne d’un long massage sous les doigts experts du maître (j’en rêve encore) suivi de pressions de type Shiatsu sur le trajet des méridiens qui serpentent sur mon crâne (et hop  ! On décoince quelques nœuds énergétiques tant qu’on y est). Pour Sébastien, il est très important de n’agir sur le cheveu que si la personne est détendue  : «  j’ai vu des colorations capillaires qui tournaient juste parce que la personne était angoissée  », m’explique-t-il. Pas de soucis me concernant, je suis à point  ! 

Couper les yeux fermés 

Du calme, pas de risques de vous retrouver avec un bout d’oreille en moins, ce n’est pas lui qui a les yeux fermés mais vous  ! Sébastien conseille de garder les yeux fermés lors de la coupe énergétique pour pouvoir avoir pleinement conscience des sensations. Et je n’en n’ai JAMAIS ressenties de telles  ! Après avoir été aiguisée minutieusement sur un cuir (le geste est beau !), la lame vient glisser sur chaque mèche et tranche sans remords tout ce qui n’a plus lieu d’exister. «  Les ciseaux abiment les cheveux car ils écrasent l’extrémité et cela les fragilise », précise le coiffeur qui explique aussi que l’intérêt de la lame c’est la sensation qu’elle procure sur le crâne. En effet, pour pouvoir couper, la lame doit tirer légèrement sur les cheveux. C’est extrêmement étonnant comme sensation et cela entraîne d’ailleurs chez moi des réactions dans plusieurs endroits de mon corps liés, apparemment, aux trajets des méridiens.  

Et après ? 

Je suis une femme nouvelle  ! J’ai la sensation d’avoir une coupe qui me ressemble et mon entourage est unanime  : je fais plus jeune et j’ai l’air plus en forme. Après quelques jours et quelques lavages, je remarque aussi que mes cheveux se «  mettent bien  » sans que je ne doive m’en occuper spécialement (ce qui arrange vraiment une maman comme moi qui vit à cent à l’heure). La seule chose qui me déçoit un peu c’est que mes cheveux poussent trop lentement à mon goût, reléguant la réjouissance d’une prochaine visite chez Sébastien dans un futur bien trop lointain ! 

Sébastien y tient  : 

  • Il faut masser le cuir chevelu délicatement (ne pas frotter) pour stimuler le petit muscle (oui, chaque cheveu possède un muscle) et décoller le bulbe. Ce dernier est parfois un peu coincé, or, le cheveu est le seul organe du corps qui peut pivoter à 360°. Rendez-lui donc sa liberté ! 
  • Chaque bulbe possède deux vaisseaux sanguins. Mis bout à bout, les vaisseaux sanguins de la chevelure représentent 25.000 km  de long ! Le cuir chevelu est donc un organe important qui mérite le respect : traitez-le avec de la douceur et des produits naturels. 
  • Le cheveu a une durée de vie de 5 à 7 ans et il possède entre 25 et 30 cycles, évitez donc de vous arracher les cheveux, ils ne sont pas éternels. 

Sébastien Lendentu, place de la Vieille Halle aux blés, 27, à 1000 Bruxelles. Téléphone  : 02/511.80.06. Serge prend les rendez-vous exclusivement par téléphone car il veut «  entendre  » la personne. Il se définit d’ailleurs comme «  la voix   » !  

wwww.sebastienledentu.com 

Son livre  :  «  La coupe énergétique. Le cheveu sous l’Âme du rasoir », 157 pages, aux éditions Amyris. 

Chanvre belge : le grand retour d’une plante « super durable »

La sensibilisation à l’écologique et l’envie de retourner vers des cultures plus locales ont fait renaître la culture du chanvre industriel en Wallonie où elle avait totalement disparu suite à l’importation de fibres plus rentables mais beaucoup moins durables : il faut par exemple dix fois plus d’eau pour produire un kilo de coton que de chanvre !

Champion de l’écologie

En 2009, il n’y avait plus aucune parcelle de culture de chanvre en Belgique. Pourtant, c’est une plante indigène, qui pousse donc dans nos régions depuis toujours et qui s’y porte, logiquement, fort bien. Elle est tellement adaptée à nos contrées qu’elle est particulièrement durable : elle ne nécessite ni pesticides, ni insecticides, et pousse à grande vitesse avec très peu d’eau (contrairement à son frère ennemi le coton : voir encadré). Sa culture s’était progressivement éteinte après l’arrivée massive d’autres fibres comme le coton, et puis à cause de l’interdiction de cultiver du chanvre du fait de la présence de molécules de THC. Si bien que le savoir-faire de cette culture  a été complètement perdu ! Mais depuis une petite dizaine d’année, une poignée de passionnés redécouvre pas à pas cette tradition. « Aujourd’hui, nous avons environ 100 hectares de cultures, quasi exclusivement en Wallonie. La Flandre est plus sur la culture du lin, qui est intéressante également mais qui est moins durable car le lin nécessite de lourds traitements phytosanitaires », explique Thierry Joie, président de l’asbl Chanvre Wallon qui précise que la pierre d’angle de cette renaissance c’est l’ouverture d’une usine de traitement du chanvre : « Une usine à ouvert en 2016 à Marloie et avec sa ‘défibreuse’, l’on peut à nouveau séparer la ‘paille’ que l’on utilise dans la construction par exemple, de la fibre, que l’on utilise dans le textile ».

Chanvre = Cannabis

« Cannabis » est le très joli nom latin du chanvre. Ce dernier contient du THC, molécule qui fait « planer ». Mais il y a deux catégories de chanvre : le cannabis « sativa » est la version industrielle légale. Celle-ci contient très peu de THC. Et si aujourd’hui, la culture du chanvre est de nouveau permise, tout cela est très réglementé : « L’agriculteur doit entre autre envoyer les copies des factures d’achat des semences. Puis l’état vient contrôler directement au champ pour vérifier que la plante est bien la variété industrielle », nous détaille le président de l’asbl qui explique que cela rend la culture du chanvre très chère car il faut acheter de nouvelles semences chaque année vu qu’il est interdit de replanter ses graines (apparemment, replanter ses propres semences ferait augmenter le taux de THC). 

Une véritable succes story  

« On peut manger les graines de chanvre telles quelles, sous forme de farine très digeste car naturellement sans gluten, ou bien en extraire l’huile. Cette dernière est incroyablement chargée en oméga 3 et 6. Cela en fait un super aliment ! », détaille le président de l’asbl. L’huile de chanvre est également utilisée en cosmétiques. Mais la valeur ajoutée du chanvre c’est surtout sa fibre : « elle est extrêmement robuste ! Puisque tout est à refaire, cela fait plusieurs années que l’on essaye de retrouver le savoir-faire du textile en chanvre et on vient de parvenir à un très bon résultat. Comme beaucoup de petits créateurs éthiques s’intéressent à nos travaux, on peut espérer trouver des vêtements ou accessoires en chanvre belge bientôt. » Thierry Joie insiste sur le fait qu’il y a un engouement énorme pour le retour de cette culture et le plus réjouissant, selon lui, c’est que ce sont surtout des jeunes qui se lancent dans cette voie. Un bel exemple de réussite est la société Isohemp, basée à Fernelmont (hemp veut dire chanvre en anglais). « Ils ont mis au point des matériaux à base de paille de chanvre pour la construction. Ils ont engagé vingt personnes et isolent l’équivalent de 1000 maisons par an ! », nous apprend fièrement Thierry Joie. (www.isohemp.com)

Chanvre et coton : frères ennemis
Le chanvre utilisé aujourd’hui pour le textile vient en général de Chine. Pourquoi ? À cause du jeans en coton ! Les industriels américains, qui trouvaient le chanvre trop solide et donc peu rentable, ont commencé à filer le coton. Des lois ont même été imposées aux États-Unis et jusqu’en Europe, pour taxer les productions de chanvre, faisant disparaître très vite les cultures. En Asie, par contre, la fibre a continué à être exploitée et les machines à être perfectionnées.  Or, à l’heure où la planète rame, il n’y a pas photo, le chanvre peut faire partie de la solution. Pour le textile, par exemple, car la culture du coton exploite deux tiers des ressources mondiales en eau potable et 25% des pesticides dans le monde !

Un magasin 100% chanvre
« Chez Marie-Jeanne », a ouvert en 2018 au centre de Liège. Vous n’y trouverez que des articles issus de la culture du chanvre industriel ! Vêtements, cosmétique, objets de décoration, accessoires, petite épicerie… Ce temple du chanvre se veut concept store et vous pourrez y passer un long moment en dégustant sur place boissons et petits en-cas à base de cannabis (celui qui ne contient presque pas de THC, rassurez-vous). Des ateliers tissage du chanvre sont également organisés ainsi que des soirées à thème avec de grands Chefs invités à cuisiner la plante magique.
www.chezmariejeanne.com 

Se promener au milieu du chanvre

Victor et sa compagne Charlotte cultivent du chanvre dans le Namurois depuis deux ans. Partis de rien, ils créent maintenant plusieurs produits à base de cette plante dont ils sont tellement amoureux qu’ils passent également beaucoup de temps à faire connaître, notamment en invitant les gens à se promener dans leurs champs.

Victor Baugnée, 29 ans, n’en démord pas : « cette plante est un cadeau de la nature. J’ai toujours été sensible à l’écologie et à l’épuisement des ressources et je pense que le chanvre est une solution dans plusieurs domaines. »

Trois mètres de haut

« J’invite le public à venir voir mon trésor de plus près. Au mois d’août, les plantes font jusqu’à trois mètres de haut et forment un véritable labyrinthe. C’est très chouette de faire cela en famille », précise Victor Baugnée qui reçoit toute l’année également les visiteurs. « Plusieurs chemins sont tracés dans les champs, je fait découvrir les différentes variétés que je cultive et je parle des nombreuses caractéristiques de la plante », précise le jeune cultivateur.

La plus parfaite des protéines

Outre l’huile, la farine et les graines, le tout labélisé bio, l’agriculteur propose également de la poudre de protéines de chanvre. « Le chanvre est le seul des végétaux connus à ce jour qui contient des protéines complètes, celles qui sont indispensables à l’Homme. » En effet, la protéine de chanvre contient les huit acides aminés. « C’est un produit très demandé par les sportifs, les personnes désirant faire un régime hyper protéiné ou encore les végétariens », explique Victor Baugnée. Encore un atout de taille pour cette championne décidément : toutes catégories !

www.cannavie.be

Du poisson bruxellois dans mon waterzooï

Le bar rayé pour être plus précis: une espèce haut de gamme, choisie pour sa chair raffinée, mais aussi parce que l’on n’en trouve pas en Belgique (un bon vieux cabillaud ç’aurait été moins fun). C’est ce que m’a expliqué Steven Beckers, le créateur de la ferme urbaine « BIGH », située sur les toits du FOODMET, à Anderlecht (sur le site Abattoirs). En plus du potager et des serres, ils ont entrepris un projet original : faire de l’aquaponie afin de produire plusieurs tonnes de poissons par an. BIGH, c’est actuellement la plus grande ferme urbaine d’Europe ! Oui ma petite dame ! A l’étranger, beaucoup savent que la Belgique se hisse tout doucement à la pointe de l’agriculture urbaine…  Mais le Bruxellois n’en a probablement pas encore conscience. Et pourtant, l’agriculture urbaine, quel sujet passionnant ! Pas juste pour les millenials en manque de sens et de green touch, non, non, ça peut vraiment servir ! Et pourquoi pas, dans un futur pas trop lointain, nourrir une bonne partie de la population bruxelloise.

Mais l’argument le plus convainquant, c’est celui de la qualité de ce qui est produit dans ce type de fermes urbaines. Par exemple, aujourd’hui, les trois quarts des poissons que vous achetez en supermarchés sont issus de pêche non durable qui épuise les stocks naturels. Mais surtout ! Maurice a maintenant un taux de pollution digne d’un toxicomane de la toundra soviétique, et ce, peu importe son origine maritime.

Des poissons propres comme nulle part ailleurs…

Ces poissons sont donc élevés loooooin de la mer et loooooin de la pollution. Car oui, la mer est devenue une poubelle, même dans les coins les plus reculés et ce n’est pas prêt de s’arrêter. « L’appellation poisson sauvage brouille le consommateur car cela ne veut absolument pas dire que la bête n’est pas polluée », nous explique Olivier, le chef des structures de pisciculture de BIGH.

« Ici, les alevins, choisis avec le plus grand soin, proviennent d’un élevage israélien. Ils grandissent dans des bassins remplis d’eau pure, contrôlée de près, et sont nourris avec les meilleurs aliments », précise-t-il. Pas une once donc de métaux lourds, de dioxine, d’antibiotiques… de plastiques.

Mais ne sont-elles pas toutes les unes sur les autres ces petites bêtes dans ces bassins circulaires ? Olivier nous confirme que non car ce sont des poissons qui vivent naturellement en bancs. D’ailleurs, en dessous d’une certaine concentration, ils sont malheureux et ils se laissent mourir nous précise-t-il. Me voilà rassurée. Enfin, pour les bars rayés. Mais pas pour Olivier ! Qui me dit habiter avec son collègue, dans un container préfabriqué posé là, sur le toit, à côté des serres, et veillant jour et NUIT sur ces fragiles petits chéris. 

Du circulaire bien ficelé

L’eau des bassins est recyclée et même valorisée car elle sert à arroser les tomates et plantes aromatiques qui poussent dans la serre juste à côté, nourrissant grassement tout ce beau monde grâce aux engrais organiques résultant des bars. Une agriculture urbaine, ‘hors sols’, ‘verticale’, qui fait pousser les végétaux à grande vitesse grâce à la chaleur partagée, sur des sacs de terreau de compet’ avec une petite dose de nutriments bien choisis. Seul bémol, il faut l’avouer, c’est que toutes ces petites plantes sous perfusion, dans cet environnement clinique, ça fait un peu Matrix et ça n’attise pas forcément ma gourmandise. Mais bon, si nous devions voir d’où proviennent exactement tous les aliments que nous mangeons, végétaux ou animaux, ce serait bien pire !

Tout bio ?

Le bar de Bruxelles n’a pas obtenu de label bio car il est tout simplement inexistant pour ce genre de concept. La certification doit encore évoluer pour s’adapter à ce nouveau mode d’élevage. On va suivre cela de près 🙂

Mais il est bon ce poisson ?

Délicieux même ! J’ai pu le déguster sous plusieurs formes, cuisiné par le traiteur bruxellois « Choux de Bruxelles », version cru en ceviche et version cuit. Accompagné des micro-pousses de l’agriculture urbaine « Eclo » et des Champignons de Bruxelles, tout ce beau petit monde poussant sur le même site. Si vous voulez vous en procurer, il est disponible dans le rayon « local » de certains Carrefour et puis dans plusieurs restaurants de la capitale.

Quelques chiffres

BIGH a levé 4,3 millions d’euros d’investissements pour développer son projet de ferme urbaine.

Chaque année, BIGH produira 35 tonnes de bars rayés.

Au BIGH, se trouvent 2000 m2 de serres et pisciculture et 2000 m2 de potagers. C’est la plus grande ferme urbaine d’Europe.

Faire ses courses directement au champ !

De plus en plus d’agriculteurs organisent des parcelles où les consommateurs peuvent cueillir eux même leurs fruits, légumes et herbes fraiches. Enfilez vos bottes, on vous montre le chemin de ces gourmands jardins ! Pour les pommes et les poires c’est maintenant le meilleur moment…

En Wallonie

Destexhe et fils , à Verlaine dans la province de Liège. Pour le moment, on y cueille des haricots ! (www.ferme-destexhe.be)

Le pic vert, à Rumes dans la province du Hainaut.Vous y glanerez plein de légumes : en ce moment, il y a des courgettes, des concombres, des aubergines, trois sortes de salades, différentes variétés de tomates, des feuilles de moutarde, du basilic… Le tout labélisé bio ! Une idée de prix ? La courgette coûte 0,85 € la pièce, la laitue 1,45 €. (www.le-pic-vert.be) 

 À Bruxelles et ses environs

La Finca.Situé en bordure de Bruxelles, à Wezembeek-Oppem (www.la-finca.be), le domaine organise des week-ends d’auto cueillette (attention, le dernier de la saison c’est le dimanche 23 septembre !). Vous y dénicherez de nombreux légumes différents, cultivés en bio. En ce moment, vous avez des courges de toutes sortes, des poireaux, des carottes, des poivrons, des aubergines, des courgettes… Pour ces dernières par exemple, il faut compter environ 2 € le kilo (le prix varie d’un jour à l’autre en fonction des stocks et de la météo). Pour info, à partir du 23 septembre, la Finca ouvre son propre restaurant-magasin sur le site de l’Auberge des Maïeurs à Woluwe-Saint-Lambert ! (www.laubergedesmaieurs.be)

Plukplek, dans le Brabant Flamand, à Ternat. On y trouve des fruits et des légumes. En ce moment, c’est le grand boom des courges ! Le domaine est en conversion pour être labélisé bio. « Cela fait deux ans que notre sol n’a plus vu de pesticides », nous confirme-t-on. Vous pouvez vous y rendre jusqu’au mois de novembre. Toutes les dates d’ouverture sont actualisées sur le site internet. (www.plukplek.be)

Fruit-Time, à Anderlecht. On reçoit une barquette que l’on rempli de framboises, fraises ou autres petits fruits, puis on paye en fonction du poids. Les arbres fruitiers croulent littéralement sous les fruits, façon corne d’abondance ! Le petit plus, les allées de fleurs magnifiques, que vous pouvez également cueillir. Mais gardez bien l’adresse pour le printemps car la saison des petits fruits vient de se terminer. (www.fruit-time.be)

Marie’s Garden,à Overijse. Un potager-verger situé à dix minutes de Bruxelles.(www.mariesgarden.be). Connu surtout pour ses délicieuses fraises !

Pommes et poires

Les vergers aussi proposent l’auto cueillette ! Et là, c’est le bon moment ! À Braine-le-Comte, la culture fruitière du Point du Jour vous accueille dès septembre pour venir cueillir différentes variétés de pommes, tous les jours sauf le jeudi. Cela vous coûtera entre 0,80 et 1,5 € le kilo de pommes (le tarif est dégressif donc si vous vous mettez à plusieurs pour acheter beaucoup, c’est une bonne astuce pour payer moins cher !). Pour avoir une idée de la quantité, un kilo de pommes ‘Cox’ représente entre 8 et 10 pommes et un kilo de ‘Jonagold’ environ quatre ou cinq pièces.

Pour les pommes et les poires, rendez-vous également à Ramillies, au Verger Jadoul qui ouvre ses portes fin septembre et début octobre, ou encore au Verger du Bout de l’Allée à Dalhem ainsi qu’au Verger des coccinelles du côté de Les Bons Villers, dans ces mêmes dates.

 Chasse gardée

Autre possibilité : les potagers partagés. Comme le domaine du Chant des Cailles à Boitsfort où quelques hectares produisent de nombreuses variétés de légumes et quelques fruits, réservés aux personnes qui font partie du réseau. Ici, plusieurs centaines d’habitants du quartier. (www.chantdescailles.be).

Il y a peut-être un potager collectif près de chez vous ! Vous pouvez le trouver sur le site internet du réseau des consommateurs responsables : le RCR, qui propose une carte où sont référencés plus de 563 potagers collectifs (https://www.asblrcr.be/potager-collectif). À Bruxelles, il y a également le site www.potagersurbains.be créé autour du concept « Good Food », qui propose une carte des potagers de la capitale.

Lucie Hage

Bruxelles, ma pelle !

Bruxelles, ma pelle !

Pierre et Nassim ont fait l’acquisition d’un champ et d’un bout de forêt en bordure de Bruxelles, dans l’idée d’y développer une agriculture durable et profitable aux Bruxellois. Un véritable verger-potager botanique qui compte plus de 1200 variétés.

Pierre Barbieux est spécialisé en agroécologie et Nassim Khabazi est sociologue et passionné d’apiculture. À deux, ils ont ouvert quatre établissements de bouche à Bruxelles, dont deux place Fernand Coq à Ixelles : « Noir », un bar à pizza et à vins natures, et juste à côté, « The Haus », un bar à gin-tonics. Leur rêve est de créer un circuit court qui va permettre, entre autre, de garnir leurs pizzas avec de bons légumes locaux (et pour certains très originaux !) et d’agrémenter leurs gin-tonics d’aromates, de baies et de fruits ‘made in Rhode Saint Genèse’.

Pour info, leurs délicieuses pizzas se déclinent aussi en version pâte « digestion légère » à base de farine au blé antique Maiorca, pauvre en gluten, produite par des petits paysans siciliens… Pour l’avoir testée, on sent tout de suite qu’il y a une différence de consistance puis vient ensuite ce petit côté légèrement sucré. Et après, on se sent un peu moins lourd qu’après avoir ingurgité une pizza du coin… assurément!

Terres en voie de disparition

Les terres agricoles étant quasiment impossibles à dénicher à Bruxelles, il leur aura fallu cinq ans pour trouver le graal. Leurs trois hectares se trouvent à la frontière entre Linkebeek et Rhode. Cet écosystème forestier, comme ils le nomment, est basé sur une polyculture d’arbres fruitiers, d’arbustes et de légumes pérennes (qu’on ne doit pas replanter d’années en années, comme par exemple les asperges ou les artichauts). L’arbre est l’élément central de ce système, explique Pierre : « l’arbre fertilise la terre, retient l’eau, permet la création de humus et donne des fruits. » Leur objectif est global : garnir leurs propres tables mais aussi d’autres restaurants et magasins à l’esprit bio et enfin, permettre aux particuliers de se fournir directement sur place.

Des passeurs d’information

Pierre et Nassim aiment aussi l’idée d’une transmission, d’une sensibilisation. Sur leur petite colline verdoyante, ils aiment accueillir des groupes de particuliers. « L’objectif c’est que les gens viennent ici pour se reconnecter à la nature, nous donner un coup de main pour les cueillettes, ou se balader tout simplement », insiste Nassim. Une balade qui risque d’être passionnante car cet endroit se rapproche bien plus d’un jardin botanique que d’un champ de patates. De nombreuses espèces ancestrales, voire exotiques, comme ces mini kiwis qu’on peut manger avec la peau ou ces épinards grimpants du Caucase, ont été plantées. Les deux entrepreneurs ambitionnent d’ailleurs de collaborer avec des pépiniéristes, des conservatoires régionaux et des universitaires, dans un esprit de conservation d’espèces et de variétés rares.

Agriculture expérimentale

Roquettes sauvages, champignons des bois, basilics du monde, origans divers, ail des ours, arbres fruitiers de toutes sortes… qui va aider qui ? Pierre est excité comme un enfant qui aurait reçu la boîte du petit chimiste : « On va expérimenter, voir quelles collaborations de plantes, légumes ou arbres, sont les plus productives et les plus profitables. » Et inutile de préciser qu’aucun intrant chimique n’aura de visa sur leur territoire. Terreaux et fertilisants sont issus de leur compost. Le désherbant n’a pas lieu d’être car la surface agricole est recouverte de manière permanente par de la paille et d’autres matières végétales. Et les maladies sont évitées grâce à la synergie entre les espèces. On en connaît qui doivent attendre impatiemment le printemps…

www.noirwinebar.be

Nassim est venu parler de leur projet dans la chronique « Let it Bio » sur BXFM :

 

Yo, les moules ! On va retrouver notre vitalité !

Céline et Laurence, je les connais depuis un bout de temps. Elles sont fascinantes! Chacune avec leurs expériences personnelle et professionnelle, elles se donnent corps et âme à la préservation de la vitalité des personnes qu’elles rencontrent. Et quand on les a en face de soi, portées par cet enthousiasme débordant, on se dit qu’elles ont vraiment trouvé leur mission de vie ces deux-là.

Depuis plusieurs années, Laurence, qui a fait diverses formations, reçoit chez elle pour donner entre autre des massages, des conseils en alimentation et en respiration. Et Céline, c’est la geek du duo. Après avoir fait l’expérience d’un vrai-de-vrai-burn-out-tout-bien-comme-il-faut duquel elle s’est sortie avec un changement radical d’alimentation, elle s’est alliée à Laurence pour ensemble créer tout un « package » vitalité accessible via la plateforme www.jeclicnaturel.be. Le but? Encadrer au quotidien le cheminement vers la vitalité perdue. Et on l’a quasi tous un peu perdue, non? Céline l’explique fort bien lors de sa visite dans ma chronique « Let it bio » sur BXFM: Être plein de vitalité c’est se lever en pleine forme et garder la patate jusqu’au coucher (Céline a un bon esprit de synthèse). Donc, déjà, si vous avez des coups de pompe, c’est pas top… On a oublié, pour la plupart d’entre nous, ce que c’était que d’être en pleine forme chaque jour… Faites une fois le test sur leur site, (ici) il est gratuit et très intéressant. Je pensais être dans la bonne moyenne niveau vitalité puis en fait non. J’ai obtenu les résultats d’une moule. Mais ça va changer! Grâce aux conseils de Céline et laurence. Des trucs tout con, genre bien respirer, marcher, être conscient de ce que l’on mange. Sur leur site, il y a plein de conseils mais aussi des explications précises du fonctionnement de notre organisme et puis des recettes simples et bourrées de vitalité (par-là). Regarde:

Si je vous parle de « Jeclicnaturel » aujourd’hui c’est parce que ce jeudi 7 décembre, Laurence et Céline vont nous dévoiler le concept de leur tout nouveau programme: « Je muscle ma vitalité ». C’est quoi? Suspense suspense… Le voile sera levé demain lors d’une conférence en ligne. Vous pouvez d’ailleurs vous inscrire ici pour recevoir vos accès à la conférence (qui aura donc lieu ce jeudi 7 décembre à 20h précise!): https://jeclicnaturel.learnybox.com/inscription-reveillez-votre-energie-vitale/

Oui, je sais, on est un peu noyés aujourd’hui dans cet océan de « healthy concepts », mais là, ce sont des nanas passionnées, passionnantes et super pro, qui se mettent au service de l’humain avec une réelle bienveillance. Moi, en tout cas, je vais suivre leur parcours vitalité et je reviendrai vous donner des nouvelles de ma jauge énergétique (oui, je sais, tout le monde s’en fout, mais je fais ce que je veux sur mon blog).

Et si vous voulez entendre la jolie voix pleine de vitalité de Céline dans ma chronique sur BXFM, c’est ici en-dessous:

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L’humusation: recycler son corps après sa mort

(article publié dans le Metro du 4 novembre 2017).

Un collectif d’experts en écologie œuvre pour légaliser le principe « d’humusation » des dépouilles en Belgique. Le corps serait placé dans une sorte de super compost, histoire de nourrir la Terre comme elle nous a nourri pendant toute notre vie. Un concept très écologique… et économique !

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Le but de la Fondation Métamorphose est d’aider à une future légalisation du procédé. La Région wallonne n’est pas contraire par exemple, mais demande des garanties que cela se fasse dans de bonnes conditions. Ce qui, si tout va bien, se fera grâce aux équipes universitaires de l’UCL, comme l’explique Guy Bazin, le Président de la Fondation: « Nous avons réussi à convaincre l’UCL de nous aider à expérimenter la technique. Si le comité d’éthique accepte, alors quelques-uns des corps donnés à la science pourront servir à tester notre procédé. »

Incinération = pollution !

Il y a plus de 60.000 incinérations par an en Belgique. « Et pour chacune, 50 mètres cubes de gaz, donc une quantité astronomique d’énergie gaspillée pour consumer entièrement et rapidement le corps. Et on obtient des cendres bourrées de dioxines nées de cette combustion qui se retrouvent la plupart du temps dans les nappes phréatiques. C’est absurde, non ? », développe Guy Bazin. En 2015, 56 millions de personnes sont décédées dans le monde. Une bonne partie a été incinérée avec une empreinte écologique immense.

« L’inhumation ? Absurde »

Tout aussi absurde, répond Guy Bazin: « Le corps enterré à plusieurs mètres sous terre ne se décompose pas puisque les micro-organismes se trouvent dans les 30 premiers centimètres sous la surface. Plus profond, il ne fait que se putréfier. De nouveau, ce n’est pas écologique puisque nos corps sont aujourd’hui bourrés de produits chimiques. Et cela coûte à la société puisqu’il faut régulièrement sortir des corps pour faire de la place dans les cimetières. Et ce boulot de sortir ces corps, littéralement pourris, est tellement horrible que les fossoyeurs ont droit à quatre jours de congé pour un jour de travail. Tout cela n’est pas digne de l’être humain », affirme ce spécialiste en permaculture (en très résumé, le fait de cultiver sans intrants chimiques et en s’appuyant sur la biodynamie).

Une première mondiale

Si le procédé est légalisé en Belgique, ce serait une première mondiale. Si nulle part cela n’est encore possible, officiellement en tout cas, c’est d’après Guy Bazin une histoire de frein psychologique. « Les gens préfèrent la violence d’une incinération ou croupir dans le caveau familial ou dans un cercueil, je peux le comprendre car c’est culturel, mais moi je veux que ma dépouille disparaisse de manière douce et surtout constructive. Donner la vie après la mort, en nourrissant la Terre, c’est ce qu’il y a de plus logique ». Ce qui est certain, c’est que cela éviterait à bien de familles de s’endetter pour payer un beau cercueil ou une crémation.

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En pratique 

Dans un « jardin-forêt de la métamorphose », se trouveraient d’immenses tas de matière organique (composée de bois d’élagage entre autre…). Dans le cadre d’une cérémonie, on viendrait y déposer le corps, qu’on recouvrirait de 20 cm de ce mélange et de paille pour garder le corps au chaud. En probablement trois mois (des tests ont été fait sur de gros animaux), il ne resterait que de jolis os bien nettoyés… et éventuellement un « pacemaker » ! La famille récupèrerait une quantité de ce « humus » qui ressemble à ce que l’on peut trouver au sol dans les sous-bois, avec une graine d’arbre plantée dedans. Un arbre  qui constituerait un un joli monument naturel pour s’y recueillir ensuite.

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Des membres engagés

Ezio Gandin, spécialiste de la transition énergétique. Marc Luyckx, « penseur » à la cellule de prospective de la Commission européenne. Anne Gillet, rédactrice en chef du magazine BIOTEMPO. Et bien d’autres philosophes, scientifiques ou acteurs de la transition, sont engagés dans la Fondation Métamorphose. Si vous voulez en savoir d’avantage sur l’humusation ou soutenir la légalisation du procédé, il y a une pétition en ligne sur www.humusation.org

 

 

Et si nous potagions entre deux réunions ?

L’envie de se reconnecter à la terre, de manger sain et d’entretenir des liens de qualité avec ses collègues a convergé vers le potager. « Incredible Company » aide les sociétés à se lancer dans divers projets d’entreprises très… « terre à terre » !

C’est dans l’air du temps, beaucoup d’entre nous ont envie de se reconnecter à la nature. Surtout chez les quadras et les trentenaires d’aujourd’hui, une génération à qui on n’a pratiquement pas transmis les valeurs de la terre, nous explique Vincent Vandoorne, un des co-fondateurs de Incredible Company.

On se détend

« Les mains dans la terre, on se détend !», nous dit le jeune entrepreneur qui voit aussi la terre comme moyen de bonifier les relations entre collègues. Le fait de potager ensemble, d’avoir un projet commun, mais également de partager un repas à base de fruits et légumes que l’on a soi-même cultivé, favoriserait une bonne ambiance. Une sorte de « team building » doux et permanent.

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Plus de 50 activités

Pas besoin d’un grand espace pour créer son potager d’entreprise. « Quelques mètres carrés suffisent. Et si c’est sur une terrasse, on peut placer de grands bacs », rassure Vincent. Ni toit, ni terrasse, ni coin de terre dans votre entreprise ? La reconnection à la nature peut se faire quand même. Incredible Company a prévu plus de 50 activités, comme des cours de cuisine saine ou des visites chez les artisans et maraîchers. Tout est personnalisable en fonction de la demande.

Pour créer votre potager

Concrètement, la petite équipe de Incredible Company propose un service complet qui va de l’installation du potager à l’organisation des équipes de collègues, en passant par le conseil permanent et même le renfort de l’équipe si nécessaire. Vous voulez planter des tomates ? Vous saviez qu’il existe plus de 1000 sortes de tomates ? Vous allez en apprendre des choses avec votre potager. Et puis surtout, bonheur suprême, nous explique Vincent, la dégustation, entre collègues, de ce que l’on a soi-même fait pousser.

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www.incrediblecompany.bio

(article publié dans Metro en 2017 par-là…)