Un nouveau label qui associe bio et made in Belgium

Les consommateurs étaient demandeurs depuis longtemps d’un label qui puisse garantir l’aspect local des produits. Le voici : il s’appelle « Biogarantie made in Belgium ». Il garanti que la production et la transformation du produit soient faites sur le sol belge, tout en garantissant également l’aspect bio et fairtrade.

Vos fraises sont bio mais elles viennent d’Espagne ? Votre sauce tomate est pleine de légumes belges mais elle est préparée en Allemagne ? On peut encore trouver de nombreux exemples de produits qui semblent correspondre à un critère de consommation que l’on pourrait qualifié de « réfléchi », voire de « durable », mais l’univers impitoyable de la distribution est trompeur. Voici un nouveau label qui pourrait bien nous aider à faire les meilleurs choix.

Labels en vrac

L’univers des labels n’est pas simple à comprendre pour le consommateur lambda. En résumé, en ce qui concerne l’alimentaire bio, il existe le label bio européen officiel (la petite feuille verte) et avant d’ajouter un autre label bio en plus, qui impose souvent des contraintes plus strictes que celles du label européen, on doit obligatoirement obtenir ce dernier. On peut ensuite y ajouter un autre label bio, comme par exemple le label Biogarantie® et désormais le fameux label Biogarantie made in Belgium®.Ces labels sont belges et correspondent à des cahiers des charges gérés par les associations nationales représentatives du secteur bio en Belgique (en l’occurrence l’Unab – l’Union des agriculteurs belges -, Bio forum Vlaanderen et Unitrab). Ces labels sont contrôlés par des organismes indépendants (comme Certisys par exemple).

Plus que du bio

Ce qui est intéressant avec ces labels, c’est que, d’une part, ils couvrent des secteurs non réglementés par le label européen, notamment dans les domaines du catering, des produits d’entretien ou encore des cosmétiques (comme le label Ecogarantie par exemple, géré par la même société que Biogarantie). Et d’autre part, concernant la nourriture, ces labels vont aussi plus loin que le label européen qui ne garantit que le caractère bio du produit à proprement parlé, comme nous l’explique Frédéric Bodart, directeur de Probila-Unitrab, qui gère les trois labels belges : « Ecogarantie garantit des produits sûrs pour le consommateur mais aussi pour l’environnement et également pour les travailleurs puisqu’il garantit le respect de leurs droits et une rémunération juste. Le zéro déchet et le caractère durable de l’entreprise sont pris en compte également. Pour les ingrédients, lorsqu’ils sont végétaux, ils doivent être 100% bio. Biogarantie est quant à lui utilisé sur des produits alimentaires. Il garantit le caractère bio du produit mais également l’application de prix équitables pour les travailleurs, la conservation des ressources : eau, énergie, biodiversité, la minimisation du transport, des emballages et des déchets. » Frédéric Bodart rappelle également que  Biogarantie est le premier label créé dans les années 80, avant que le label européen n’existe.

Le caractère territorial pris en compte

Le label européen est une règle globale, qui a certainement le mérite d’exister et de se perfectionner sans cesse, mais il prend cependant très peu en compte les spécificités territoriales. C’est là que le label Biogarantie et plus encore Biogarantie made in Belgium viennent s’insérer : « Ce qui me plait dans le label Biogarantie en tant que consommateur, c’est justement que ce label s’attache à répondre à toutes les particularités qui font la richesse de nos terroirs. Pour les producteurs, la notion du bien-être animal est prise en compte, comme l’obligation de recourir à un écosystème au niveau du sol, ou la notion du juste prix pour l’agriculteur,  etc.  Pour les transformateurs, c’est un plus  de pouvoir affirmer que leurs produits sont d’origine belge controlée, transformés en Belgique et cela en plus d’être bio », affirme Frédéric Bodart. Et enfin, pour l’horeca, le nouveau cahier des charges va permettre au restaurant ou au café de prouver qu’ils sont vraiment bio, ce qui implique un petit plus non négligeable pour tous : « les écochèques ne peuvent être utilisés que pour les produits estampillés bio donc pour l’horeca une telle reconnaissance leur permettra de pouvoir accepter ce moyen de paiement. »

Lucie Hage

www.biogarantie.be

Une ferme sur sept est bio en Wallonie

Comme chaque année, BioWallonie a compilé et analysé les chiffres disponibles sur l’évolution du bio. Et vous vous en doutez, en 2018, le bio a continué son bonhomme de chemin avec, en Région wallonne, 117 fermes de plus qui se sont converties. A présent, en Wallonie, une ferme sur sept est bio ! Elles représentent 11% des surfaces agricoles. Si on prend un peu de recul, en quinze ans, les surfaces bio en Wallonie ont été pratiquement multipliées par quatre !

Toujours plus de bio

Les dépenses des consommateurs ont parallèlement bien évolué aussi avec +18% en Belgique et surtout… +40% en Wallonie, puisque la part de marché du bio est passée de 3,5% à 4,8% en un an !

En Belgique, toutes Régions confondues, le secteur connaît toujours une croissance à deux chiffres avec +15% de dépenses en bio en 2018 par rapport à 2017. Les légumes, les fruits, les produits laitiers et puis les œufs sont les principales denrées que le Belge achète en bio.

Malheureusement, ce sont toujours les personnes qui ont un pouvoir d’achat relativement élevé qui constituent le noyau des consommateurs du bio. En premier lieu, des familles avec enfants disposant d’un haut revenu et, ensuite, des pensionnés disposants de moyens confortables également. Dommage car, sans jugement aucun, nous sommes convaincus que changer quelques habitudes de consommation permet d’accéder à des produits de qualité, bio, en augmentant peu le prix du panier. Mais en tout cas, le bio fait son chemin avec un consommateur qui le fait aussi, à sa manière et à son rythme…

Concernant le moyen de s’approvisionner, nous sommes heureux de constater que le premier canal d’achat du bio, les supermarchés classiques, continuent à perdre du terrain face aux petits commerces spécialisés qui représentent en Wallonie 30% des achats bio, progressant donc de 7% par rapport à 2017.

Progression spectaculaire des cultures maraîchères 

Poussées par la demande croissante du consommateur et des entreprises pour les fruits et légumes bio, les cultures maraîchères ont progressé de 50% entre 2017 et 2018, passant de1.195 à 1.794 hectares. Cependant, pour le moment, même si cette proportion a tendance à baisser, les trois quarts des surfaces bio wallonnes sont composées de prairies. Dans le quart restant, seulement 2,7% sont consacrées, par exemple, aux fruits et légumes (ou encore à la production de semences et plants surtout axée sur les céréales qui a quasiment quadruplé en un an !).

Le nombre d’animaux élevés en bio a doublé 

En quatre ans ! Et en 2018 précisément, leur nombre a progressé de 24%, surtout grâce aux filières poules pondeuses, aux vaches allaitantes  (en dix ans, leur nombre a quasiment doublé) et à la filière porcine, même si cette dernière commence seulement à reprendre des forces après plusieurs années de crise. 

La Flandre loin derrière

Si 6,6% de la surface agricole belge est consacrée au bio, 91% de ceux-ci sont situés en Wallonie. Cependant, l’évolution en 2018 a été un peu plus importante, proportionnellement, en Flandre, avec +7,4% de surface agricole. La Flandre se réveillerait-elle ? Au final, les deux Régions comptent actuellement respectivement, 514 et 1472 fermes bio.