Inquiétant électrosmog: la physicienne Wendy de Hemptinne nous explique tout…

« Les normes de protection contre les ondes électromagnétiques artificielles sont complètement obsolètes »

Wendy de Hemptinne est une physicienne belge qui donne, depuis deux ans, des conférences pour informer sur le fonctionnement des champs électromagnétiques résultants entre autre de la téléphonie mobile et du wi-fi. Très vite, je me suis rendu compte que si le débat était rarement soulevé au niveau de la société civile, laissant du coup le champ libre aux nombreux lobbys de la téléphonie entre autres, c’est parce que la question est complexe et demande d’être comprise de manière approfondie.

Wendy avait raison. Avant de m’accorder une interview, la physicienne a formulé une condition: que j’assiste à une de ses conférences où elle explique en détail, pendant trois bonnes heures, le fonctionnement des ondes et leur probable impact. Après une telle démonstration scientifique, personne ne peut douter du bien fondé des signaux d’alarmes envoyés de part le monde par des milliers de scientifiques qui demandent juste des normes plus réalistes. Je ne vous en dit pas plus, Wendy de Hemptinne le fait bien mieux que moi. Bonne lecture !

Dans le monde entier, des spécialistes mettent en garde quant au seuil pris en compte pour protéger la population des ondes électromagnétiques. Pourquoi ?

« Il y a un nombre croissant d’études scientifiques publiées dans des revues à comité de lecture qui mettent en évidence des risques sérieux pour la santé humaine et pour le règne vivant en général, même aux niveaux d’exposition admis par les normes. Ces risques sont d’autant plus grands que l’exposition aux champs et rayonnements électromagnétiques de nos technologies sans fil est prolongée. On n’a pas encore atteint de consensus dans l’ensemble de la communauté scientifique mais de plus en plus de spécialistes estiment que nous disposons à ce jour de suffisamment d’éléments pour affirmer qu’il y a bel et bien un risque pour la santé humaine. Ils convergent vers la même conclusion : les normes actuelles sont insuffisantes pour protéger la santé. Elles ont été établies sur des postulats obsolètes. La base des normes de radiofréquences a été établie en 1998 et ne prend nullement en compte le schéma d’exposition actuel et les spécificités toutes particulières des technologies de nouvelle génération. Après la 2G, la 3G, la 4G, on parle à présent de généraliser la 5G alors même qu’aucune étude préalable, sérieuse et indépendante, ne démontre son innocuité. C’est comme si on mettait sur le marché un nouveau médicament sans aucune évaluation préalable, en se disant : on verra bien, on avisera. »

Vous voulez dire que les autorités sanitaires, comme l’OMS, prendraient des risques sanitaires aussi importants ?

« Pour les rayonnements de hautes fréquences émis par nos technologies mobiles, l’OMS recommande des seuils qui permettent de se prémunir des effets thermiques, c’est-à-dire d’une élévation trop importante de la température de nos tissus. Ces seuils ne sont pas taillés, par contre, pour se prémunir des effets biologiques autres que thermiques. Or, de plus en plus d’études indiquent que des effets biologiques non thermiques se produisent et peuvent avoir des conséquences sanitaires à des niveaux d’exposition même très faibles, d’autant plus lorsque l’exposition est prolongée. Nulle considération non plus pour la vulnérabilité particulière des enfants et des fœtus. Par ailleurs, les normes qui découlent des recommandations de l’OMS s’appliquent aux appareils pris individuellement. Mais qu’en est-il de la multiplicité des appareils qui envahissent nos lieux de vie, smartphones avec tous leur cortège d’options sans fil, téléphones DECT, babyphones, routeur WiFi et objets connectés en tous genres, … S’y ajoute aussi le rayonnement des antennes-relais, des radars, des antennes de radio et télédiffusion et prochainement des compteurs communicants…. C’est un gouffre qui sépare les recommandations de l’OMS et les valeurs de précaution préconisées par les spécialistes. Pour fixer les ordres de grandeur, c’est comme si des spécialistes du monde entier nous disaient de ne pas dépasser une hauteur de 10 cm et que l’OMS ne nous alertait que lorsque nous arrivions à hauteur du Mont-Blanc. »

Par quel mécanisme ces champs artificiels pourraient nous affecter et quels sont les types d’effets que nous pourrions ressentir ?

« Les êtres vivants fonctionnent sur des principes électromagnétiques. Pensez par exemple à l’électroencéphalogramme ou l’électrocardiogramme. Il n’est dès lors pas étonnant que des champs et rayonnements électromagnétiques, naturels ou artificiels, puissent avoir un impact sur nos cellules. Mais les champs et rayonnements électromagnétiques artificiels sont très différents des champs et rayonnements naturels dans lesquels les êtres vivants ont évolués depuis toujours. Cela ne se réduit pas à une question de fréquence et d’intensité. Les rayonnements émis par nos technologies ont aussi une forme tout à fait inédite. Ils sont modulés (superposition de plusieurs fréquences sur une fréquence porteuse) et pulsés (envoyés par saccades). Ceci implique des variations brutales et incessantes de l’intensité du signal. On peut aisément concevoir qu’un tel signal soit beaucoup plus impactant pour nos cellules et leur fonctionnement. Chez les uns, cela peut se manifester sous la forme de maux de tête, de vertiges, de troubles du sommeil, chez d’autres par des troubles de la concentration et de la mémorisation, chez d’autres encore ce seront des palpitations, une nervosité accrue, des atteintes aux organes des sens, … Des médecins s’inquiètent des conséquences sur la fertilité et le développement embryonnaire,… Les études scientifiques documentent des risques de pathologies dégénératives type cancers, maladie d’Alzheimer…. »

Vous dites également que de plus en plus de personnes deviennent électrohypersensibles…

« Un nombre croissant de personnes se disent élecrohypersensibles. Ils sont incommodés ou présentent des troubles de santé à des degrés de sévérité divers lorsqu’ils sont exposés à des champs et rayonnements électromagnétiques artificiels, même de faible intensité. Des études tendent à montrer que 3 à 10% de la population serait électrohypersensible. A défaut d’un recensement systématique, il est difficile de confirmer des chiffres, d’autant que vraisemblablement il y a des personnes qui n’ont pas fait le lien entre leurs symptômes et leur exposition. Ils peuvent s’entendre dire : ‘Vous avez mal à la tête ? Vous êtes déprimé ? Prenez donc ce médicament et allez voir un psy’. Les médecins sont à ce jour très peu sensibilisés à la problématique de la pollution électromagnétique. Autre difficulté pour les médecins, c’est le caractère aspécifique des symptômes qui peuvent tout aussi bien être ceux d’une autre affection. Des problèmes hormonaux, de sommeil, voire un cancer sont possiblement liés à une mauvaise alimentation, un stress chronique ou à la pollution chimique, par exemple. C’est évident que le problème est multifactoriel. Il n’est pas possible d’isoler le seul effet de la pollution électromagnétique. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’adopter une approche prudente à l’égard des technologies sans fil et d’apprendre à en faire un usage raisonné et responsable. L’OMS a quand même classé les rayonnements électromagnétiques de nos technologies mobiles en catégorie 2B, possiblement cancérigènes, sur la base d’un risque accru de tumeur au cerveau associé à l’usage du téléphone mobile. Dans cette même catégorie on trouve aussi le plomb et le DDT. Je doute que quiconque accepterait de s’asperger au quotidien de ces produits, même en faible quantité. Pourquoi le faire alors avec des rayonnements électromagnétiques épinglés comme possiblement cancérigènes ? »

Les conseils de Wendy pour réduire son exposition et adopter un usage raisonné et responsable des technologies sans fil :

1) Supprimer la source de rayonnements : par exemple en déconnectant les options sans fil sur les appareils quand elles ne sont pas strictement nécessaires, en privilégiant dès que possible les alternatives filaires pour l’accès à internet et les téléphones domestiques, …

2) Minimiser la durée d’exposition : par exemple en limitant les appels en nombre et en durée, en privilégiant les SMS, en paramétrant son téléphone portable domestique (DECT) en mode ECO, en éteignant son routeur WiFi et son smartphone, au moins la nuit, …

3) S’éloigner de la source ou éloigner la source : par exemple en téléphonant en mode haut-parleur ou avec des oreillettes, en se tenant à distance des personnes qui téléphonent,…

4) Réduire la puissance de la source : par exemple en évitant d’utiliser son téléphone dans les endroits où la réception est de mauvaise qualité, dans les transports, ….

5) Sensibiliser son entourage, ne pas hésiter à interpeler l’école de ses enfants ou son employeur par rapport au WiFi généralisé dans les bâtiments, par exemple.

Ceci n’est qu’une base de réflexion, nous ne pouvons que vous conseiller vivement de vous rendre à l’occasion à une des conférences où Wendy explique le sujet en détail. Pour connaître les dates des conférences, inscrivez-vous sur www.physalis-consult.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

.

Yo, les moules ! On va retrouver notre vitalité !

Céline et Laurence, je les connais depuis un bout de temps. Elles sont fascinantes! Chacune avec leurs expériences personnelle et professionnelle, elles se donnent corps et âme à la préservation de la vitalité des personnes qu’elles rencontrent. Et quand on les a en face de soi, portées par cet enthousiasme débordant, on se dit qu’elles ont vraiment trouvé leur mission de vie ces deux-là.

Depuis plusieurs années, Laurence, qui a fait diverses formations, reçoit chez elle pour donner entre autre des massages, des conseils en alimentation et en respiration. Et Céline, c’est la geek du duo. Après avoir fait l’expérience d’un vrai-de-vrai-burn-out-tout-bien-comme-il-faut duquel elle s’est sortie avec un changement radical d’alimentation, elle s’est alliée à Laurence pour ensemble créer tout un « package » vitalité accessible via la plateforme www.jeclicnaturel.be. Le but? Encadrer au quotidien le cheminement vers la vitalité perdue. Et on l’a quasi tous un peu perdue, non? Céline l’explique fort bien lors de sa visite dans ma chronique « Let it bio » sur BXFM: Être plein de vitalité c’est se lever en pleine forme et garder la patate jusqu’au coucher (Céline a un bon esprit de synthèse). Donc, déjà, si vous avez des coups de pompe, c’est pas top… On a oublié, pour la plupart d’entre nous, ce que c’était que d’être en pleine forme chaque jour… Faites une fois le test sur leur site, (ici) il est gratuit et très intéressant. Je pensais être dans la bonne moyenne niveau vitalité puis en fait non. J’ai obtenu les résultats d’une moule. Mais ça va changer! Grâce aux conseils de Céline et laurence. Des trucs tout con, genre bien respirer, marcher, être conscient de ce que l’on mange. Sur leur site, il y a plein de conseils mais aussi des explications précises du fonctionnement de notre organisme et puis des recettes simples et bourrées de vitalité (par-là). Regarde:

Si je vous parle de « Jeclicnaturel » aujourd’hui c’est parce que ce jeudi 7 décembre, Laurence et Céline vont nous dévoiler le concept de leur tout nouveau programme: « Je muscle ma vitalité ». C’est quoi? Suspense suspense… Le voile sera levé demain lors d’une conférence en ligne. Vous pouvez d’ailleurs vous inscrire ici pour recevoir vos accès à la conférence (qui aura donc lieu ce jeudi 7 décembre à 20h précise!): https://jeclicnaturel.learnybox.com/inscription-reveillez-votre-energie-vitale/

Oui, je sais, on est un peu noyés aujourd’hui dans cet océan de « healthy concepts », mais là, ce sont des nanas passionnées, passionnantes et super pro, qui se mettent au service de l’humain avec une réelle bienveillance. Moi, en tout cas, je vais suivre leur parcours vitalité et je reviendrai vous donner des nouvelles de ma jauge énergétique (oui, je sais, tout le monde s’en fout, mais je fais ce que je veux sur mon blog).

Et si vous voulez entendre la jolie voix pleine de vitalité de Céline dans ma chronique sur BXFM, c’est ici en-dessous:

[wpvideo MLcDQkFc]

 

 

Christophe Hardiquest, le penseur de festins

Capture d_écran 2017-11-02 à 17.29.30« Il faut apprendre à manger moins mais mieux »

Une interview que je me devais de partager ici, sur ce blog qui aime le BIO car ce genre de Chef étoilé et engagé représente un vrai espoir de faire changer les mentalités (article publié dans le journal Metro du 23 avril 2016)

Le chef belge doublement étoilé Christophe Hardiquest lit beaucoup. Engagé, il aime à philosopher. Il prône le ‘Manger moins mais mieux’ pour plus d’écologie, plus de santé, plus de petits bonheurs retrouvés comme celui de cuisiner des produits simples et savoureux en famille. Confidences d’un chef bourré d’ambitions pour qui la cuisine est un outil de révolution.

Quels sont vos produits fétiches et où dénichez-vous les meilleurs ?

« J’aime tous les produits. En ce moment je cuisine beaucoup l’asperge. Je vais la trouver à Jurbize chez Stéphane Longlune ou en France chez Sylvain Erhardt. Pour le reste, on travaille avec trois jardins : mon beau-frère s’occupe des aromatiques et des tomates, les racines viennent de chez Longlune et pour des choses plus conventionnelles comme la salade de blé ou les épinards, nous allons dans un jardin à Anderlecht. Tout est bio. C’est indispensable ! Nous travaillons le plus possible en direct. Les intermédiaires n’ont pas de sens selon moi. »

Consommer bio et local, votre façon de changer le monde ?

« Si l’on veut que les choses changent, on doit changer notre façon de consommer. On doit absolument contrecarrer la surproduction malfaisante, industrielle, les produits qui n’ont pas de goût… Il faut apprendre à manger moins mais mieux. Il faut arrêter avec les buffets énormes où l’on jette la moitié et éviter le gaspillage dans les supermarchés. On n’a pas besoin de production industrielle pour nourrir sainement tout le monde, c’est juste une question de prise de conscience et d’organisation. Et c’est maintenant qu’il faut prendre le changement par la main, avant qu’il ne vous prenne à la gorge ! »

En Belgique, on tourne vite en rond, non, avec les produits bio et locaux ?

« Non, vous vous trompez. La Belgique est un pays très bien fourni. Je suis parfois encore étonné ! Il faut juste tomber sur les bonnes personnes, passionnées par leurs produits. Et ce n’est pas facile parce que souvent, ces gens ne se mettent pas en avant, ne sont pas connus. Tout se fait de bouche à oreille. Pour ne prendre qu’un seul exemple, je suis un amoureux du potiron. Il en existe des centaines de variétés et des milliers de façons de les cuisiner. Ceci dit, c’est sûr qu’on est en manque d’artisanat. Le Belge est souvent tourné avant tout vers la rentabilité. C’est malheureusement entre autre à cause d’une question de fiscalité qui, en Belgique, sape la créativité et donc souvent la qualité. »

BONBON-le Chef et ses Hommes1

Pensez-vous que les chefs aujourd’hui ont un rôle à jouer par rapport à cette question cruciale de l’alimentation ?

« Bien sûr ! On a un rôle à jouer en tant que leader d’opinion, pour faire prendre conscience aux consommateurs qu’ils ne doivent plus consommer de manière non réfléchie. Acheter, c’est un vote quotidien. Arrêtons d’acheter des fraises d’Espagne en plein hiver ! C’est le seul moyen pour que les choses changent. Et nous nous reconnecterons avec la nature et avec les saisons. Personnellement, je me sens investi d’une mission. J’ai d’ailleurs plein de projets en tête autour de ça. Et quitte à parler de révolution, je trouve que les enfants devraient avoir à l’école des cours d’alimentation, tout comme ils ont des cours de religion ou de morale. Notre système éducatif est obsolète. Nous devons, vous comme moi, le dire haut et fort : nous voulons du changement !»

Concrètement, comment votre côté écolo se traduit-il dans votre métier au quotidien ?

« Nous faisons des efforts concernant le recyclage et l’énergie bien sûr. Au niveau des modes de conservation également, j’utilise une méthode ancestrale de lacto fermentation qui me permet de conserver les légumes dans des pots en terre cuite. Il faut mettre en place tout un processus mais cela permet de déguster de délicieux légumes en toutes saisons et ce, sans utiliser d’énergie et en apportant une plus value au niveau du goût. Aussi, pour les produits de la mer, je fais partie d’une association qui s’appelle ‘NorthSeaChefs’, mise en place par un autre chef belge, Filip Claeys (restaurant De Jonkman à Bruges, également doublement étoilé, ndlr), et qui prône la pêche durable. Je cuisine donc souvent des poissons moins connus, moins ‘nobles’ comme on dit, mais qui ne sont pas en surpêche. »

 Il semble que votre empathie vous pousse à vouloir impacter le monde qui vous entourre…

« Je suis quelqu’un d’hypersensible. J’essaye d’amener le positif autour de moi. De manière globale, je veux être le changement et transmettre cette voie du changement qui me semble être juste. A plus petite échelle, mon côté humain facilite le travail en équipe. Chaque collaborateur a son rôle à jouer. Je pense avoir ces qualités de pouvoir dire clairement ce que j’attends des gens, déléguer et de communiquer ma vision des choses, ma philosophie. Cette dernière, j’essaye évidemment de la transmettre aux clients également. »


Qui est Christophe Hardiquest ?
Christophe Hardiquest est un jeune quadra d’origine namuroise. Il est le chef du restaurant bruxellois « Bonbon » (Avenue de Tervueren 453), qui a reçu en 2013 une deuxième étoile au Guide Michelin, et obtenu en 2015 une cote de 19,5/20 au Gault&Millau, ce qui le place à égalité avec Peter Goosens, le chef du Hof Van Cleve (titré meilleur restaurant du monde !). Christophe Hardiquest est père de trois enfants et travaille avec son épouse. La réflexion philosophique est au cœur de son travail, ce qui lui vaut les surnoms de ‘chef-philosophe’ et ‘chef-nature’.
_DSC9514Chez Bonbon

 

Sang Hoon Degeimbre ouvre un troisième « San »

2012-12-23 12.50.36-4

« Je suis un peu utopique et idéaliste et je l’assume ! »

J’ai rencontré, pour le quotidien Metro, ce gentil Chef aux délicieuses intentions bio. Son agile cerveau en arborescence n’a pas chômé ces dernières années puisqu’il vient d’ouvrir son quatrième restaurant et qu’il a mis en place un système de livraison qui permet de livrer tout ce beau cheptel en produits bio et en direct de son propre potager. Ce dernier, installé dans les jardins de son premier restaurant « L’air du temps » (deux étoiles au Michelin s’il vous plaît) à Éghezée, j’irai bientôt le visiter pour pouvoir vous partager de belles photos et ses trucs et astuces de jardinier gourmand. En attendant, il nous parle de son troisième « San » (donc son quatrième restaurant, suivez un peu !) qui vient d’ouvrir à Gand.

(article publié dans Metro le 28 octobre 2017)

La cuisine urbaine de Sang Hoon Degeimbre débarque à Gand

Après avoir ouvert deux « San » à Bruxelles, le Chef Sang Hoon Degeimbre, doublement étoilé pour son restaurant « L’air du temps » à Éghezée, ouvre un troisième « San » à Gand. Sa cuisine ‘urbaine’, comme il aime la qualifier, déboule donc en Flandre avec comme note de tête toujours ses fameux bols-cuillères et comme note de cœur une touche de cuisine coréenne et l’amour du produit authentique.

SAN - © Pieter D'Hoop-48(@Pieter D’Hoop)

Pourquoi avoir choisi la ville de Gand après Bruxelles ?

« J’ai pensé que ce serait un écrin parfait pour un ‘San’ car c’est une ville alternative, qui offre des adresses plus ciblées, plus ‘niche’. Elle me semble beaucoup plus en évolution qu’Anvers par exemple. Et puis elle a gardé une dimension humaine, le piéton est roi, tout comme le client est roi chez moi. »

Ces trois « San » se ressemblent-ils tant que ça ?

« Je les vois comme trois arbres. Trois chênes qui se ressemblent fondamentalement mais qui ne sont absolument pas les mêmes quand on regarde de près. C’est comme trois enfants d’une même fratrie. Ils ont un air de famille mais leur propre personnalité. »

C’est quoi cet ‘air de famille’ ?

« Le fil conducteur, c’est le bol et la cuillère, qui permettent d’avoir tous les goûts en bouche en une cuillerée. C’est de la gastronomie débridée: on garde tous les paramètres de sérieux du travail bien fait mais on enlève le côté engoncé de la gastronomie classique. On la rend plus fun, plus actuelle. C’est d’ailleurs pour cela qu’on a choisi ce nom ‘San’ parce que c’est mon surnom, donc la version décontractée de mon nom et ça représente bien l’idée générale du concept. »

Ce que tu proposes chez San est très différent de l’air du temps. Quels sont les marqueurs de cette cuisine San?

« À L’air du temps, je fais de la cuisine rurale, de terroir, et c’est ce que j’aime bien sûr mais j’ai plusieurs facettes. J’aime le calme de la campagne mais aussi l’animation, voire la frénésie, des villes, qui vous énergise. Chez ‘San’, c’est une cuisine urbaine, avec plusieurs influences culturelles qui se mélangent. On a un rappel de l’air du temps avec des plats signature ou des accords signature mais on a une inspiration internationale avec telle ou telle épice, tel ou tel produit qui m’a inspiré durant mes voyages. Beaucoup de saveurs coréennes évidemment. »

L'air du temps - © Pieter D'Hoop-22(@Pieter D’Hoop)

C’est compliqué de gérer quatre adresses?

« Non, car je délègue facilement. On fonctionne par fidélité et loyauté dans notre équipe. Pour le premier ‘San’, j’ai voulu remercier la fidélité d’un de mes élèves en lui offrant la possibilité d’avoir son propre bébé. Puis, il y a eu une autre belle rencontre avec Joël Rammelsberg, qui deviendra le Chef du ‘San’ au sablon et qui va mener la barque du ‘San’ de Gand également. »

Ils ont une grande marge de manœuvre tes Chefs ?

« Oui, ils peuvent créer des plats que l’on goûte ensemble. À Gand, dans un premier temps, il y aura quelques plats signature de L’air du temps comme le ‘purple duck’ ou le ‘Liernu’, un assortiment de légumes de notre potager. Cependant, le Chef sur place à toujours la liberté d’innover. En fait, je prône vraiment la proximité avec le client qui peut lui aussi faire évoluer les choses. On prend en compte son avis, on essaye de lui faire plaisir en le surprenant. »

Fichier 25-10-2017 14 45 01L’équipe du « San » de Gand. (@Pieter D’Hoop)

Quelles caractéristiques doit avoir un produit pour se retrouver dans tes plats ?

« Je dois savoir d’où il vient, qui l’a fait, comment il l’a fait… Je veux vraiment connaître le producteur, comprendre son histoire, pour avoir quelque chose à raconter. J’aime bien l’idée: un producteur = un produit. Je travaille avec des produits de saison évidemment. Je suis un cuisinier moderne qui se préoccupe d’écologie, de santé… je suis un peu utopique et idéaliste et je l’assume ! »

Bonnes pour la santé, comme la fermentation par exemple ?

« Oui, je fais ça depuis une dizaine d’années, avant que ce soit à la mode (rire). J’ai été sensibilisé par cette méthode quand je me suis rendu en Corée, là où je suis né. Ils utilisent énormément la fermentation car c’était leur moyen de conservation avant que le pays ne se développe et devienne la Corée telle qu’on la connaît aujourd’hui. Avant, c’était un pays très pauvre, comme tout pays a pu l’être à un moment donné de son histoire et c’est d’ailleurs ce qui fait que des méthodes originales naissent. Le gros avantage de la fermentation c’est que c’est très bon pour la santé. On met les fruits ou légumes dans de la saumure, donc de l’eau et du sel, et ce dernier va empêcher la prolifération de mauvaises bactéries tout en permettant celle des bonnes, les bactéries lactiques, excellentes pour la santé. Certains minéraux s’y développent également. En plus, c’est très intéressant gustativement et cela permet de manger des fruits et légumes d’été en hiver et vice-versa. »

Un moyen de ne rien gaspiller de votre magnifique potager à Éghezée !

« Oui, on a un jardin de cinq hectares à L’air du temps, qu’on cultive de manière totalement naturelle et respectueuse de l’environnement. On n’utilise aucun intrant chimique, on a remis des abeilles, on suit les principes de la biodynamie… C’est juste magnifique, il faut le voir ! »

P-L'air du temps - summer 2017 - © Pieter D'Hoop-242-2(@Pieter D’Hoop)

www.sanbxl.be

www.airdutemps.be