Inquiétant électrosmog: la physicienne Wendy de Hemptinne nous explique tout…

« Les normes de protection contre les ondes électromagnétiques artificielles sont complètement obsolètes »

Wendy de Hemptinne est une physicienne belge qui donne, depuis deux ans, des conférences pour informer sur le fonctionnement des champs électromagnétiques résultants entre autre de la téléphonie mobile et du wi-fi. Très vite, je me suis rendu compte que si le débat était rarement soulevé au niveau de la société civile, laissant du coup le champ libre aux nombreux lobbys de la téléphonie entre autres, c’est parce que la question est complexe et demande d’être comprise de manière approfondie.

Wendy avait raison. Avant de m’accorder une interview, la physicienne a formulé une condition: que j’assiste à une de ses conférences où elle explique en détail, pendant trois bonnes heures, le fonctionnement des ondes et leur probable impact. Après une telle démonstration scientifique, personne ne peut douter du bien fondé des signaux d’alarmes envoyés de part le monde par des milliers de scientifiques qui demandent juste des normes plus réalistes. Je ne vous en dit pas plus, Wendy de Hemptinne le fait bien mieux que moi. Bonne lecture !

Dans le monde entier, des spécialistes mettent en garde quant au seuil pris en compte pour protéger la population des ondes électromagnétiques. Pourquoi ?

« Il y a un nombre croissant d’études scientifiques publiées dans des revues à comité de lecture qui mettent en évidence des risques sérieux pour la santé humaine et pour le règne vivant en général, même aux niveaux d’exposition admis par les normes. Ces risques sont d’autant plus grands que l’exposition aux champs et rayonnements électromagnétiques de nos technologies sans fil est prolongée. On n’a pas encore atteint de consensus dans l’ensemble de la communauté scientifique mais de plus en plus de spécialistes estiment que nous disposons à ce jour de suffisamment d’éléments pour affirmer qu’il y a bel et bien un risque pour la santé humaine. Ils convergent vers la même conclusion : les normes actuelles sont insuffisantes pour protéger la santé. Elles ont été établies sur des postulats obsolètes. La base des normes de radiofréquences a été établie en 1998 et ne prend nullement en compte le schéma d’exposition actuel et les spécificités toutes particulières des technologies de nouvelle génération. Après la 2G, la 3G, la 4G, on parle à présent de généraliser la 5G alors même qu’aucune étude préalable, sérieuse et indépendante, ne démontre son innocuité. C’est comme si on mettait sur le marché un nouveau médicament sans aucune évaluation préalable, en se disant : on verra bien, on avisera. »

Vous voulez dire que les autorités sanitaires, comme l’OMS, prendraient des risques sanitaires aussi importants ?

« Pour les rayonnements de hautes fréquences émis par nos technologies mobiles, l’OMS recommande des seuils qui permettent de se prémunir des effets thermiques, c’est-à-dire d’une élévation trop importante de la température de nos tissus. Ces seuils ne sont pas taillés, par contre, pour se prémunir des effets biologiques autres que thermiques. Or, de plus en plus d’études indiquent que des effets biologiques non thermiques se produisent et peuvent avoir des conséquences sanitaires à des niveaux d’exposition même très faibles, d’autant plus lorsque l’exposition est prolongée. Nulle considération non plus pour la vulnérabilité particulière des enfants et des fœtus. Par ailleurs, les normes qui découlent des recommandations de l’OMS s’appliquent aux appareils pris individuellement. Mais qu’en est-il de la multiplicité des appareils qui envahissent nos lieux de vie, smartphones avec tous leur cortège d’options sans fil, téléphones DECT, babyphones, routeur WiFi et objets connectés en tous genres, … S’y ajoute aussi le rayonnement des antennes-relais, des radars, des antennes de radio et télédiffusion et prochainement des compteurs communicants…. C’est un gouffre qui sépare les recommandations de l’OMS et les valeurs de précaution préconisées par les spécialistes. Pour fixer les ordres de grandeur, c’est comme si des spécialistes du monde entier nous disaient de ne pas dépasser une hauteur de 10 cm et que l’OMS ne nous alertait que lorsque nous arrivions à hauteur du Mont-Blanc. »

Par quel mécanisme ces champs artificiels pourraient nous affecter et quels sont les types d’effets que nous pourrions ressentir ?

« Les êtres vivants fonctionnent sur des principes électromagnétiques. Pensez par exemple à l’électroencéphalogramme ou l’électrocardiogramme. Il n’est dès lors pas étonnant que des champs et rayonnements électromagnétiques, naturels ou artificiels, puissent avoir un impact sur nos cellules. Mais les champs et rayonnements électromagnétiques artificiels sont très différents des champs et rayonnements naturels dans lesquels les êtres vivants ont évolués depuis toujours. Cela ne se réduit pas à une question de fréquence et d’intensité. Les rayonnements émis par nos technologies ont aussi une forme tout à fait inédite. Ils sont modulés (superposition de plusieurs fréquences sur une fréquence porteuse) et pulsés (envoyés par saccades). Ceci implique des variations brutales et incessantes de l’intensité du signal. On peut aisément concevoir qu’un tel signal soit beaucoup plus impactant pour nos cellules et leur fonctionnement. Chez les uns, cela peut se manifester sous la forme de maux de tête, de vertiges, de troubles du sommeil, chez d’autres par des troubles de la concentration et de la mémorisation, chez d’autres encore ce seront des palpitations, une nervosité accrue, des atteintes aux organes des sens, … Des médecins s’inquiètent des conséquences sur la fertilité et le développement embryonnaire,… Les études scientifiques documentent des risques de pathologies dégénératives type cancers, maladie d’Alzheimer…. »

Vous dites également que de plus en plus de personnes deviennent électrohypersensibles…

« Un nombre croissant de personnes se disent élecrohypersensibles. Ils sont incommodés ou présentent des troubles de santé à des degrés de sévérité divers lorsqu’ils sont exposés à des champs et rayonnements électromagnétiques artificiels, même de faible intensité. Des études tendent à montrer que 3 à 10% de la population serait électrohypersensible. A défaut d’un recensement systématique, il est difficile de confirmer des chiffres, d’autant que vraisemblablement il y a des personnes qui n’ont pas fait le lien entre leurs symptômes et leur exposition. Ils peuvent s’entendre dire : ‘Vous avez mal à la tête ? Vous êtes déprimé ? Prenez donc ce médicament et allez voir un psy’. Les médecins sont à ce jour très peu sensibilisés à la problématique de la pollution électromagnétique. Autre difficulté pour les médecins, c’est le caractère aspécifique des symptômes qui peuvent tout aussi bien être ceux d’une autre affection. Des problèmes hormonaux, de sommeil, voire un cancer sont possiblement liés à une mauvaise alimentation, un stress chronique ou à la pollution chimique, par exemple. C’est évident que le problème est multifactoriel. Il n’est pas possible d’isoler le seul effet de la pollution électromagnétique. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’adopter une approche prudente à l’égard des technologies sans fil et d’apprendre à en faire un usage raisonné et responsable. L’OMS a quand même classé les rayonnements électromagnétiques de nos technologies mobiles en catégorie 2B, possiblement cancérigènes, sur la base d’un risque accru de tumeur au cerveau associé à l’usage du téléphone mobile. Dans cette même catégorie on trouve aussi le plomb et le DDT. Je doute que quiconque accepterait de s’asperger au quotidien de ces produits, même en faible quantité. Pourquoi le faire alors avec des rayonnements électromagnétiques épinglés comme possiblement cancérigènes ? »

Les conseils de Wendy pour réduire son exposition et adopter un usage raisonné et responsable des technologies sans fil :

1) Supprimer la source de rayonnements : par exemple en déconnectant les options sans fil sur les appareils quand elles ne sont pas strictement nécessaires, en privilégiant dès que possible les alternatives filaires pour l’accès à internet et les téléphones domestiques, …

2) Minimiser la durée d’exposition : par exemple en limitant les appels en nombre et en durée, en privilégiant les SMS, en paramétrant son téléphone portable domestique (DECT) en mode ECO, en éteignant son routeur WiFi et son smartphone, au moins la nuit, …

3) S’éloigner de la source ou éloigner la source : par exemple en téléphonant en mode haut-parleur ou avec des oreillettes, en se tenant à distance des personnes qui téléphonent,…

4) Réduire la puissance de la source : par exemple en évitant d’utiliser son téléphone dans les endroits où la réception est de mauvaise qualité, dans les transports, ….

5) Sensibiliser son entourage, ne pas hésiter à interpeler l’école de ses enfants ou son employeur par rapport au WiFi généralisé dans les bâtiments, par exemple.

Ceci n’est qu’une base de réflexion, nous ne pouvons que vous conseiller vivement de vous rendre à l’occasion à une des conférences où Wendy explique le sujet en détail. Pour connaître les dates des conférences, inscrivez-vous sur www.physalis-consult.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Jouets: ne ‘jouons’ pas avec leur santé

On retrouve régulièrement du formamide (une substance «reprotoxique»), des perturbateurs endocriniens (des phtalates sutout, dans les plastiques), des colorants cancérigènes, et bien d’autres substances dangereuses dans les jouets de nos petits. Même si la législation existe et nous protège en partie, des inquiétudes subsistent, surtout par rapport au cocktail que forme toutes ces substances mélangées dans les bacs à jouets. Mais heureusement, se procurer des jouets «sains», ce n’est pas si compliqué.

En fait, comme souvent sur des sujets de «consommation», deux approches s’entrecroisent: la toxicité des produits utilisés et l’écologie au sens premier. Nous consommons trop, nous consommons mal. Si le marché du jouet croît chaque année un peu plus c’est parce que nous prenons l’habitude de consommer toujours plus de jouets bas de gamme. Résultat? Des constructeurs de jouets sous pression, des matières premières bon marché et de piètre qualité et des travailleurs du secteur carrément exploités. En Chine, où 60% de la production mondiale des jouets est concentrée, les ouvriers travaillent jusque 15 heures par jour, dans des conditions inhumaines. Veux-t-on vraiment mettre entre les mains de nos enfants des jouets toxiques et issus de tant de souffrance humaine ?

Quelques règles de base

– Évitons les plastique, surtout pour les moins de trois ans qui mettent sans cesse leurs jouets en bouche. Les phtalates, souvent présents dans les plastiques souples, sont des perturbateurs endocriniens avérés. Et le plastique est présent partout donc essayons d’alléger le cocktail.

– Choisissons du tissu certifié Œko Tex, qui assure qu’aucune substance dangereuse n’est présente dans le tissu, même en infime quantité (une étude du magazine allemand Œkotest de 2011 a constaté la présence fréquente de colorants azoïques, de formaldéhyde et d’antimoine, considérés comme cancérigènes, dans des tapis d’éveil par exemple).

– Choisissons du bois non traité ou avec un verni et des peintures éoclogiques (pour éviter le formaldéhyde entre autre).

– Lavons et aérons les jouets en mousse: Selon une étude de Test-Achat, on utilise toujours du formamide dans certains jouets en mousse. Cette substance, peu coûteuse et facile à utiliser, est reprotoxique (toxique pour la reproduction). On la retrouve par exemple dans les fameux tapis puzzle. Elle est autorisée par l’Europe dans une certaine mesure mais les associations de consommateurs désirent l’interdire complètement. Alors, soit on évite les jouets en mousse, soit ou les lave et on les aère au moins 24 heures avant de les donner à Loulou.

Privilégions le local et le commerce équitable

Vous pouvez trouver jouets, matériel scolaire, jeux de société et papeterie sur le site de La Pachamama (www.lapachamama.be). Isabelle Steenbruggen, ancienne bénévole chez Oxfam, a créé cette marque qui propose aujourd’hui plus de 1000 références de jouets sains et issus du commerce équitable. «Tous nos jouets sont faits à la main, dans des matières naturelles, on refuse le plastique. Et ils sont colorés avec des colorants à base d’huile de coco et confectionnés dans des tissus écologiques», explique Isabelle, qui se rend souvent aux quatre coins du monde pour collaborer avec les artisans, dans l’esprit du commerce équitable. «Nous payons un prix juste, nous assurons des collaborations à long terme et nous préfinançons souvent nos commandes pour éviter que ces artisans ne doivent aller voir les banques et s’endetter.» Ces jolis jouets sont à acheter sur le site de La Pachamama ou dans un des cent magasins qui les distribuent (adresses des revendeurs sur le site également).

Une autre marque locale, dans un tout autre genre: «Ardennes toys», qui propose de beaux jeux de construction en bois, issus de forêts gérées écologiquement, 100% made in Belgium et dans un esprit ‘récup’ puisqu’à la base, la société «4Wood» est spécialisée dans les présentoirs en bois pour magasins. Leurs jeux de constructions sont nés de l’idée de valoriser les chutes de bois! (Chez Wattitude, 7 rue Souverain-Pont à Liège. Liste des autres revendeurs sur www.ardennestoys.com). Photo: Château Philippe Auguste, 44 pièces, 50 €.

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Vous êtes plutôt ‘jeux de société’? Nous vous conseillons vivement «Bioviva», qui propose une foule de jeux de sociétés sur le thème de la nature. Eco-consus et fabriqués en France, on peut les trouver chez «C’Ki le Roi», 38 avenue du Roi Chevalier à Woluwe Saint Lambert (liste des autres revendeurs sur www.bioviva.com). Photo: Bioviva, «Le jeu naturellement drôle», 29,95 €.

bioviva-le-jeuFabriqués en France également, «Les jouets libres», des jeux en bois du Jura, conçus dans un esprit durable, où l’enfant participe à la création des règles, à dénicher chez «Green Kids», 4 avenue des Hirondelles à Waterloo, par exemple).

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Et n’oublions pas que même en Belgique, des marques locales existent! «3 O’Clock», par exemple, une toute nouvelle marque de jouets d’éveil en crochet, faits à la main en Belgique, dans du fil écologique et réalisés par Aurore Brun, une styliste bruxelloise (www.3-o-clock.com).

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 Arrêtons d’acheter ! Louons !

C’est la tendance, et elle est salutaire car elle a tout bon: économique, écologique et pratique pour éviter l’encombrement à la maison. Je vous en avait déjà parlé dans l’article sur les cadeaux circulaires: Chez «Simini», on s’inscrit et on reçoit une boîte de jouets à échanger chaque mois, pour 14 € par mois. C’est tellement logique, surtout pour les jouets «premier âge» qui lassent vite bébé. Amélie Dervaux vient de lancer ce concept de location pour particuliers (elle le faisait déjà auparavant pour les entreprises) et ses jouets sont sublimes. «Je privilégie les petits créateurs, les marques artisanales, européennes et écologiques. Dans chaque boîte, vous recevez plusieurs jouets et pouvez découvrir ces jolies marques qui proposent des matières nobles comme la laine, le coton, le bois…», explique la jeune femme qui a étendu le concept en proposant maintenant des jouets aux enfants de la naissance à l’âge de six ans.

 Et après ? On donne à Looops…

Looops récolte les jouets anciens (mais pas abîmés!) qu’ils offrent ensuite à des associations d’aide à l’enfance. Looops propose maintenant également des « box » jouets à acheter, à des prix évidemment très attractifs. www.looops.be

 

 

 

 

 

 

Peintures écologiques: pas plus chères que les classiques

Ce n’est plus à prouver, les peintures issues de l’industrie pétrochimique polluent nos intérieurs. Mais aujourd’hui, il existe de nombreuses alternatives saines et naturelles qui ne coûtent même pas plus cher que les grandes marques conventionnelles. Il faut juste savoir où les trouver…

2-006Magasin « Ecobati » à Bruxelles

Certains éléments, qui se trouvent quasi systématiquement dans les peintures pétrochimiques, sont à éviter: les métaux lourds comme le chrome (ou même le plomb, mais celui-ci a heureusement quasiment disparu des pots de peintures), les solvants comme le toluène, les cétones, l’acool, etc… Ou encore des résidus d’acide acétique de synthèse. Tout cela entraine des COV (composés organiques volatiles) qui peuvent être irritants, voire toxiques à haute dose, surtout pour les personnes sensibles (enfants, femmes enceintes, asthmatiques…)

Il est donc préférable de choisir des peintures à base d’eau et de chaux, d’argile ou de caséine (une protéine présente dans le lait). Les peintures de la marque belge « Galtane », par exemple, que vous pouvez trouver chez Carodec (Auderghem et Genval) ou Eco-Logi (Eghezée)… La liste complète des revendeurs est présente sur www.galtane.com

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La peinture doit être également perméable car il est important qu’elle laisser ‘respirer’ vos murs. C’est d’autant plus important dans nos maisons dont la performance d’isolation augmente. C’est d’ailleurs aussi une des raisons pour lesquelles les COV peuvent avoir malheureusement plus d’impact.

Sur l’étiquette: regardez avant tout la teneurs en COV (taux de COV le plus proche possible de 0 g/l, le maximum autorisé pour la peinture murale étant de 30g/l), et la présence de labels (Ecolabel, Ange bleu, Nordic Ecolabel et surtout Nature Plus).

Il existe en fait de nombreuses marques très qualitatives, qui sont finalement moins chères en général que la plupart des grandes marques conventionnelles. Chez Ecobati, (qui possède huit magasins, www.ecobati.com), vous pouvez choisir n’importe quelle couleur de l’arc-en-ciel. Les pigments naturels sont utilisés pour colorer la peinture de la marque « Ultranature ». Comptez entre 1,09 et 2,46€ du m² suivant le nombre de litres que vous achetez et l’intensité du pigment que vous choisissez (donc  entre 2,18€ et 4,92€ pour deux couches). Un peu plus pour la peinture à l’argile. À titre de comparaison, chez Levis, le m² coûte entre 3 et 4€.

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Au niveau des labels, le « Nature Plus » est le plus complet, comme l’explique Jean-François Rixen, le secrétaire général d’éco-conso. « Environ 95% des marques de peintures appartiennent en fait à un même groupe industriel. Ce groupe pétrochimique a élargi sa gamme à des produits écologiques, suivant la demande grandissante. Ces marques sont labélisées par l’Ecolabel européen, ou ses homologues ‘Nordic Ecolabel’ et ‘Ange Bleu’. Ce qui est déjà une bonne chose ! Les 5% restants sont constitués de marques d’emblée écologiques, alternatives et naturelles. Elles choisissent souvent le label ‘Nature Plus’, qui est le plus protecteur au niveau environnement et santé ».

Mais pourquoi tout le monde ne se rend pas dans les magasins de construction écologiques alors ? « Il faut simplement que nous attrapions le réflexe de passer la porte d’un magasin écologique », conclut Jean-François Rixen.

Vous voulez savoir où dénicher ces magasins ? Rendez-vous sur www.eco-conso.com, cliquez sur « Suivez le guide » puis « magasins ». La liste est longue ! Il y en a forcément un près de chez vous.

 

 

 

 

 

Un vrai pain a besoin de temps, l’industrie n’en n’a pas

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En 1985, il existait 18.000 boulangeries artisanales en Belgique. Il n’y en a plus que 4.000 environ aujourd’hui. La faute entre autres aux chaînes de « boulangerie » et aux supermarchés. Un Belge sur six y achète maintenant son pain. Mais peut-on encore appeler cela du pain quand on le sait bourré de gluten pour qu’il ne doive plus reposer, que les céréales qui le composent sont arrosées de pesticides et de fongicides, qu’on y ajoute des améliorants et des adjuvants dont la liste est aussi longue que la liste d’attente des très sollicités gastro-entérologues actuels. Alors oui, le sujet du pain mérite bien une tartine !

Vous aussi vous aviez l’impression que le consommateur voulait de plus en plus de local, de bio, d’artisanal ? Et que, logiquement, le politique allait suivre ? En vérité, c’est bien l’inverse qu’il se passe en ce moment. D’après une étude de marché GfK Belgium, les petits pains préférés des Belges sont ceux que l’on trouve chez Panos et Délifrance. Le pire du pire de l’industriel ! Et cela ne devrait pas s’arranger car le gouvernement actuel aurait tendance à faire plaisir à la Flandre et à ses puissants lobbys de l’agroalimentaire conventionnel. « Ils envisageraient de supprimer l’accès à la profession et de rendre plus souples certaines règles. Par exemple, on pourrait avoir un pain d’épeautre alors qu’il n’y a que 5% d’épeautre dedans ou encore un abaissement du pourcentage minimum de matière sèche dans le pain. Le pain industriel du futur sera donc probablement en plus bourré d’eau », nous explique le président de la fédération francophone des boulangers, Albert Denoncin.

Le retour de la « paysannerie »

La multiplication du bon pain ne viendra donc pas du politique mais du consommateur éclairé et des nouveaux boulangers, qui épousent cette carrière par passion du pain, voire de la paysannerie, comme Françoise Robert et Michel Gilbert, installés à Hennuyères. Lui travaillait dans le bâtiment et elle était économiste, quand Michel a décidé de réaliser son rêve de toujours : cultiver des céréales bio et en faire du pain artisanal. Françoise prend des cours pour devenir boulangère et ils se lancent dans l’aventure de la paysannerie, concept fondateur de leur vision de la vie et du travail. « La paysannerie c’est le retour à des exploitations à taille humaine, qui respectent les sols et qui maîtrisent le plus possible toute la chaîne de production afin de pouvoir être autonome et du coup de gagner un minimum sa vie », nous explique ce couple de passionnés, qui s’est organisé un horaire de boulanger pas classique. En effet, si le fait de travailler la nuit peut rebuter les jeunes à se lancer dans cette profession, suivez l’exemple de Françoise et Michel, qui ont trouvé une organisation très personnelle : « la semaine, nous cultivons les céréales. Le vendredi, nous faisons le pain dès l’aube, puis il est vendu au comptoir entre 16h et 19h, ainsi que le samedi matin », détaille Françoise. Un vrai bon pain artisanal, à base de farines bio, ça tient le coup une petite semaine, nous assure-t-elle.

Ils vendent en moyenne 300 pains par semaine, uniquement sur réservation pour éviter les pertes (à commander en ligne via leur site : www.fleurebonlepain.be ou par téléphone au 0472/18 65 26).

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Mais qu’est-ce qu’il y a alors dans les pains industriels ?

Pas beaucoup de vie en tout cas ! Le bon levain naturel est remplacé par des levures chimiques et du gluten. Beaucoup de gluten, car ce dernier fait monter le pain à toute vitesse : en une heure au lieu de 3, 4 voire plus de 5 heures. Et le temps c’est de l’argent ! Le blé industriel le plus répandu est donc une variété choisie entre autre pour sa charge en gluten. Mais attention, le gluten n’est pas un poison pour autant, comme l’explique le gastro-entérologue Denis Franchimont, de l’hôpital Erasme : « le gluten est très difficile à digérer. C’est pour cela que la plupart des personnes qui ont une digestion inconfortable qui enlèvent le gluten de leur alimentation, voient un changement positif. Du coup, ils concluent qu’ils sont intolérants au gluten, mais en fait ils ont juste un peu de mal à le digérer ». L’allergie au gluten serait selon lui rarissime.

Et bien sûr, vous avez un tas d’adjuvants : des émulsifiants, des relaxants, des arômes, des conservateurs et autres exhausteurs de goûts. Sans oublier les résidus de pesticides. Une farine bio, comme celle de Michel et Françoise, est dénuée d’engrais chimiques, de pesticides et d’adjuvants. Ensuite, nous explique le président de la fédération francophone des boulangers, avant d’être congelés, les pains sont précuits, parfois même par rayons ! « Il n’y a pas de secrets, si vous achetez une baguette 80 centimes, vous ne pouvez pas avoir un produit qui a pris le temps de monter et qui a été cuit au four à bois », lance Albert Denoncin, qui précise que ce genre de pains précuits arrive en général de Pologne.

Le piège des semences

La plupart des agriculteurs ne sont pas autonomes. Ils achètent chaque année des semences industrielles que l’on ne peut replanter d’année en année. C’est le cas du blé de Monsanto et de ses amis. « En plus, on perd toute la diversité des semences locales, pourtant les plus adaptées aux spécificités de chaque sol, donc plus robustes et productives », explique le couple d’agriculteurs-boulangers. Et le plus abjecte dans tout ça, c’est que la législation interdit de vendre et acheter des semences locales ! Chaque semence dispose d’un brevet et il faut se fournir dans les semences que l’industrie propose. La parade ? Comme de nombreux autres agriculteurs, ils ne vendent pas leurs semences, mais ils les donnent ou les échangent, via le mouvement de conservation de semences anciennes « Li Mestère ». Et bien sûr, Michel garde chaque année une partie de sa récolte pour pouvoir réensemencer, car son épeautre et son froment, eux, ne sont pas stériles !

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 Les moulins ont la cote !

Comme Françoise et Michel, qui font broyer leur farine sur meule de pierre au moulin de Moulbaix, d’autres moulins reprennent du service. C’est que la demande est grande chez les jeunes qui se lancent en boulangerie car ils choisissent souvent de travailler avec de la farine locale (et de préférence bio d’ailleurs). Et qui dit céréales locales, dit moulin dans le coin ! Le moulin de Vencimont par exemple, a été relancé il y a deux ans. Les roues du 18e siècle ont été remises en état de marche. Vous pouvez, en tant que particulier, acheter leurs délicates farines de froment et d’épeautre directement au moulin ainsi que du bon pain artisanal préparé à base de farines broyées sur place évidemment (sans additif technologique ni gluten industriel). Le petit plus : une belle visite du site, à faire en famille, en compagnie d’Ambroise, le responsable des lieux qui est véritablement passionnant (www.moulindevencimont.be).

Le saviez-vous ?

En Belgique, contrairement à la France par exemple, n’importe quel dépôt de pain peut s’appeler « boulangerie ». Même si le pain n’est ni préparé, ni cuit sur place ! Vigilance donc…

Allez-y les yeux fermés :

Chez Yves Guns: qui développe également une gamme bio. Trois comptoirs en bordure de Bruxelles (à Kortenberg, Sterrebeek et Wezembeek-Oppem, www.yvesguns.be).

Chez Bries à Woluwe Saint Lambert : garanti « fait maison » depuis 1923 ! (Avenue L. Gribaumont 75). Attention, Bries c’est surtout des pâtisseries et des « petits-pains ». Vous y trouverez donc de bons croissants mais pas votre pain campagne demi-gris !

Chez Agribio à Auderghem: une des seules boulangeries 100% bio à Bruxelles (chaussée de Wavre 1080). Cet atelier, qui a ouvert en 2016, travaille uniquement avec des farines Agribio, coopérative située à Havelange, dans la région namuroise.

Chez Maison Legrand, à Namur, tout y est bio ! (rue Emile Cuvelier, 18).

Au Pain d’Autrefois: à Mont sur Marchienne (avenue Paul pastur, 20). Du bio, du sans gluten, de la crème végétale sur les pâtisseries. A découvrir absolument !

Vous pouvez également trouver votre prochaine vraie boulangerie sur www.tartine-et-boterham.be (pour la Région bruxelloise), ou www.wallomade.com (pour la Région wallonne).

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Pour une « sain » Valentin !

On ne veut plus des fleurs qui tuent!

La production de fleurs dans le monde est une véritable catastrophe écologique et sociale. L’immense majorité des fleurs vendues chez nous viennent des pays de l’est de l’Afrique, comme le Kenya. Elles poussent sous une pluie de produits chimiques toxiques très agressifs. Les conditions de travail des petites mains du secteur sont inhumaines. Et dans ce domaine où le bio se développe très peu, Fairtrade semble l’alternative la plus respectueuse des travailleurs et de l’environnement.

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 Le bio ? Rarissime !

Après de nombreuses recherches, il semble que les seuls producteurs de fleurs labélisées bio soient néerlandais. La société Zann Organic, par exemple. On retrouve ses bouquets dans des enseignes bio tels que les magasins Sequoia. Le label bio qui s’applique ici est le label bio officiel utilisé pour le matériel de reproduction (comme les bulbes). C’est donc un label sûr, mais il reste extrêmement rare sur les fleurs coupées.

Le paradoxe du local

Une production proche de chez nous a moins d’impact environnemental ? Et non ! Car il faut savoir que la plupart des fleurs européennes vendues en Belgique proviennent des Pays-Bas où elles poussent sous serres chauffées, très énergivores. L’un dans l’autre, même avec le trajet, les fleurs africaines, qui poussent abondamment et en plein air, ont une emprunte carbone environ deux fois moins élevée que leurs cousines hollandaises pour lesquelles il faut parfois l’équivalent d’un litre et demi de pétrole pour faire pousser… une seule fleur !

Fairtrade à la rescousse

Selon Fairtrade Belgium (anciennement Max Havelaar), une ferme sera labélisée Fairtrade en fonction de l’impact positif sur la condition sociale et économique du travailleur, mais aussi sur sa santé. Ce qui implique donc aussi que les travailleurs (des travailleuses en général), ne subissent pas la toxicité des produits chimiques. Fairtrade interdit également d’épuiser ou de polluer les ressources naturelles locales. Il y a donc moins de substances nocives dans le produit final, comme l’explique Bernard Buntinx, de Fairtrade Belgium : « Des études ont été effectuées pour déceler les traces de résidus chimiques dans les fleurs émanant de plantations labélisées Fairtrade. Aucune trace de résidus chimiques toxiques n’ont été retrouvées! Des produits chimiques peuvent bel et bien être utilisés pour traiter les fleurs Fairtrade. Mais ils ne peuvent en aucun cas représenter un danger pour l’homme ou pour l’environnement ».

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La Belgique à la traîne

En Allemagne, 400 millions de fleurs labélisées Fairtrade ont été vendues en 2015. En Belgique, seulement 300 mille pour la même période. Un chiffre dérisoire… mais les ventes de 2016 semblent bien meilleures, nous confie Bernard Buntinx.

D’autres labels écologiques

MPS-A (label environnemental néerlandais), FFFP (Fair Flowers Fair Plants, combine MPS-A et critères sociaux) et FLP (Flower Label Program, associe aussi critères sociaux et environnementaux).

Chez « Moments Subtils » à Bastogne, par exemple, on vend les fleurs certifiées FFFP et on fait un véritable travail de sensibilisation. « Le client se soucie rarement d’où proviennent les fleurs. Nous expliquons quotidiennement l’intérêt des fleurs FFFP et Fairtrade», affirment Sofia et Marc Noël, les patrons de la boutique. Leur volonté est de vendre également des fleurs bio.

Alors, que fait-on ?

Le consommateur peut faire changer les choses en relayant massivement une demande. Chez votre fleuriste ou dans votre supermarché, demandez les fleurs bio ou Fairtrade. Si la demande se fait sentir, l’offre suivra !

Quelques enseignes vendent déjà les fleurs Fairtrade. Certains Delhaize, Carrefour et Lidl entre autre. Vous trouverez la liste sur www.fairtradebelgium.be. Vous préférez commander sur le net ? C’est par ici ! : www.aquarelle.be.

Mais aussi…

  • Tant qu’à faire, demandez des fleurs de saison, elles sont toutes aussi belles !
  • Réservez un coin de votre jardin pour faire pousser vos propres fleurs à couper… (Pour commander des graines et bulbes bio, vous pouvez vous rendre sur ecoflora.be ou sur www.fermedesaintemarthe.com).
  • Allez couper vous-même les fleurs au champ. Vous pouvez trouver une liste des champs participants en Wallonie sur fleursacouper.be. À Bruxelles, il y a par exemple Fruit-Time à Anderlecht. Et c’est bon marché ! Comptez environ 10 € pour une vingtaine de fleurs.

 

 

Déo et débat

Quoi ? Tu fouettes des touffettes ? Tu aimerais un deo efficace mais sans la baignoire de produits chimiques ? J’ai fait ma petite enquêtounette et j’ai appris des choses, que je partage avec vous. Notamment que c’est pas mauvais en soi de bloquer la transpi (quoiii ? Mais c’est pas naturel d’empêcher la trans’ de sortir ! Laissez-là sortiiiir ! Je vais pourrir des aisselles, mes dessous de bras suffoquent, oh mon Dieeeeu j’ai maaaal…). Non. Fausse croyance. Ces glandes-là, elles ne servent plus à rien à part vous faire acheter du deo. C’est pas moi qui le dit mais un éminent professeur de l’hôpital universitaire Saint-Luc, à qui j’ai posé la question. Donc, bloquer la transpiration des dessous de bras ne serait pas mauvais en soi. SAUF si on bloque tout ce flux avec de l’aluminium. Là, ça craint un max. Et pas de chance: c’est bien sûr l’ingrédient principal d’un deo efficace. Il y a bien la pierre d’alun… Mais si elle s’appelle « Alun » c’est parce qu’elle contient aussi de l’aluminium.  MAIS de l’aluminium naturel, en rikiki doses et en moins mauvais. Ceci dit, il y a d’autres alternatives, encore plus ‘safes’. Lis-ça, en fait, ça va peut-être t’éclairer:

(article publié dans le BIOTEMPO n°11)

Un Déo « zéro défauts »

Utiliser un déodorant est devenu un geste souvent quotidien. C’est pourquoi il faut être d’autant plus vigilant quand à sa composition. La peau des aisselles est particulièrement perméable et un des composants des déodorants chimiques, les sels d’aluminiums, est régulièrement pointé du doigt comme ayant un rôle dans l’apparition du cancer du sein. Vigilance donc… Heureusement, les alternatives naturelles sont nombreuses !

D’abord, une mise au point s’impose. Il y a une différence entre le déodorant, qui « masque » l’odeur et l’anti transpirant (ou anti perspirant), qui bloque la transpiration. On entend souvent qu’empêcher ce mécanisme est néfaste pour l’organisme. C’est une fausse croyance. Les glandes sudoripares au niveau des aisselles sont inutiles, comme l’explique le professeur Dominique Tennstedt, dermatologue à l’hôpital Saint-Luc. « Ces glandes viennent de notre passé animal. Elles servaient surtout à identifier l’individu. Si la transpiration a bien sûr un rôle majeur dans la régulation de la température corporelle, elle s’effectue par bien d’autres manières que via les aisselles. »

Chouette nous direz-vous ! Le problème, c’est que le seul moyen efficace d’empêcher la transpiration, ce sont les fameux sels d’aluminiums. Et si aucune conclusion définitive et officielle n’affirme qu’ils favorisent l’apparition du cancer du sein, une énième étude, suisse celle-ci, publiée dans l’International Journal of Cancer, vient de démontrer clairement qu’une exposition prolongée peut entrainer l’apparition de tumeurs (voir l’enquête complète quelque part ici : www.unige.ch). Par précaution, il vaut donc mieux évitez ces sels d’aluminiums. Sauf ceux présents de manière naturelle et en infimes quantités dans… la pierre d’Alun !

Attention, toutes les pierres d’alun ne sont pas naturelles. Certaines sont synthétiques. Sur les étiquettes, la pierre d’alun naturelle est identifiée comme « potassium alum », comme dans le déodorant bio aux cristaux d’alun de la marque Acorelle, par exemple. Tandis que la pierre d’alun synthétique se dit « ammonium alum ».

La quantité de molécules qui pénètrent la peau est multipliée par six sur une peau irritée. Mais de manière générale, comme la peau des aisselles est très fine et perméable, évitez les compositions obscures et complexes, souvent bourrées de sels d’aluminiums synthétiques, mais aussi de parabens perturbateurs endocriniens ou encore de triclosan.

Et c’est facile, parce qu’au niveau des déodorants, de nombreuses alternatives naturelles existent. Leur action ? Parfumer pour masquer les odeurs, mais aussi nettoyer, voire désinfecter, car les mauvaises odeurs résultent de la prolifération des bactéries.

Vous pouvez utiliser des déodorants tout faits comme le déodorant de la marque Weleda au citrus ou celui de chez Melvita à l’aloe vera.

Une méthode encore plus naturelle ? Saupoudrer un peu de bicarbonate de soude alimentaire sous les aisselles en sortant de la douche ou encore tapoter avec un coton imbibé d’un peu d‘alcool ou de vinaigre de cidre, qui vont pulvériser les bactéries. Et ensuite, vous pouvez appliquer un mélange d’huile végétale agrémenté de quelques gouttes d’huile de Cyprès, ou un hydrolat comme celui à la menthe poivrée de chez Bioflore… pour le plaisir olfactif.

Le saviez-vous ?

Il faut changer régulièrement de déodorant pour garder un effet optimal. Le derme s’habituerait aux formules ! Heureusement, vous avez le choix: Pachamamaï, Lamazuna, Clémence et Vivien, sont autant d’autres jolies marques naturelles à tester.