L’humusation: recycler son corps après sa mort

(article publié dans le Metro du 4 novembre 2017).

Un collectif d’experts en écologie œuvre pour légaliser le principe « d’humusation » des dépouilles en Belgique. Le corps serait placé dans une sorte de super compost, histoire de nourrir la Terre comme elle nous a nourri pendant toute notre vie. Un concept très écologique… et économique !

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Le but de la Fondation Métamorphose est d’aider à une future légalisation du procédé. La Région wallonne n’est pas contraire par exemple, mais demande des garanties que cela se fasse dans de bonnes conditions. Ce qui, si tout va bien, se fera grâce aux équipes universitaires de l’UCL, comme l’explique Guy Bazin, le Président de la Fondation: « Nous avons réussi à convaincre l’UCL de nous aider à expérimenter la technique. Si le comité d’éthique accepte, alors quelques-uns des corps donnés à la science pourront servir à tester notre procédé. »

Incinération = pollution !

Il y a plus de 60.000 incinérations par an en Belgique. « Et pour chacune, 50 mètres cubes de gaz, donc une quantité astronomique d’énergie gaspillée pour consumer entièrement et rapidement le corps. Et on obtient des cendres bourrées de dioxines nées de cette combustion qui se retrouvent la plupart du temps dans les nappes phréatiques. C’est absurde, non ? », développe Guy Bazin. En 2015, 56 millions de personnes sont décédées dans le monde. Une bonne partie a été incinérée avec une empreinte écologique immense.

« L’inhumation ? Absurde »

Tout aussi absurde, répond Guy Bazin: « Le corps enterré à plusieurs mètres sous terre ne se décompose pas puisque les micro-organismes se trouvent dans les 30 premiers centimètres sous la surface. Plus profond, il ne fait que se putréfier. De nouveau, ce n’est pas écologique puisque nos corps sont aujourd’hui bourrés de produits chimiques. Et cela coûte à la société puisqu’il faut régulièrement sortir des corps pour faire de la place dans les cimetières. Et ce boulot de sortir ces corps, littéralement pourris, est tellement horrible que les fossoyeurs ont droit à quatre jours de congé pour un jour de travail. Tout cela n’est pas digne de l’être humain », affirme ce spécialiste en permaculture (en très résumé, le fait de cultiver sans intrants chimiques et en s’appuyant sur la biodynamie).

Une première mondiale

Si le procédé est légalisé en Belgique, ce serait une première mondiale. Si nulle part cela n’est encore possible, officiellement en tout cas, c’est d’après Guy Bazin une histoire de frein psychologique. « Les gens préfèrent la violence d’une incinération ou croupir dans le caveau familial ou dans un cercueil, je peux le comprendre car c’est culturel, mais moi je veux que ma dépouille disparaisse de manière douce et surtout constructive. Donner la vie après la mort, en nourrissant la Terre, c’est ce qu’il y a de plus logique ». Ce qui est certain, c’est que cela éviterait à bien de familles de s’endetter pour payer un beau cercueil ou une crémation.

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En pratique 

Dans un « jardin-forêt de la métamorphose », se trouveraient d’immenses tas de matière organique (composée de bois d’élagage entre autre…). Dans le cadre d’une cérémonie, on viendrait y déposer le corps, qu’on recouvrirait de 20 cm de ce mélange et de paille pour garder le corps au chaud. En probablement trois mois (des tests ont été fait sur de gros animaux), il ne resterait que de jolis os bien nettoyés… et éventuellement un « pacemaker » ! La famille récupèrerait une quantité de ce « humus » qui ressemble à ce que l’on peut trouver au sol dans les sous-bois, avec une graine d’arbre plantée dedans. Un arbre  qui constituerait un un joli monument naturel pour s’y recueillir ensuite.

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Des membres engagés

Ezio Gandin, spécialiste de la transition énergétique. Marc Luyckx, « penseur » à la cellule de prospective de la Commission européenne. Anne Gillet, rédactrice en chef du magazine BIOTEMPO. Et bien d’autres philosophes, scientifiques ou acteurs de la transition, sont engagés dans la Fondation Métamorphose. Si vous voulez en savoir d’avantage sur l’humusation ou soutenir la légalisation du procédé, il y a une pétition en ligne sur www.humusation.org

 

 

Et si nous potagions entre deux réunions ?

L’envie de se reconnecter à la terre, de manger sain et d’entretenir des liens de qualité avec ses collègues a convergé vers le potager. « Incredible Company » aide les sociétés à se lancer dans divers projets d’entreprises très… « terre à terre » !

C’est dans l’air du temps, beaucoup d’entre nous ont envie de se reconnecter à la nature. Surtout chez les quadras et les trentenaires d’aujourd’hui, une génération à qui on n’a pratiquement pas transmis les valeurs de la terre, nous explique Vincent Vandoorne, un des co-fondateurs de Incredible Company.

On se détend

« Les mains dans la terre, on se détend !», nous dit le jeune entrepreneur qui voit aussi la terre comme moyen de bonifier les relations entre collègues. Le fait de potager ensemble, d’avoir un projet commun, mais également de partager un repas à base de fruits et légumes que l’on a soi-même cultivé, favoriserait une bonne ambiance. Une sorte de « team building » doux et permanent.

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Plus de 50 activités

Pas besoin d’un grand espace pour créer son potager d’entreprise. « Quelques mètres carrés suffisent. Et si c’est sur une terrasse, on peut placer de grands bacs », rassure Vincent. Ni toit, ni terrasse, ni coin de terre dans votre entreprise ? La reconnection à la nature peut se faire quand même. Incredible Company a prévu plus de 50 activités, comme des cours de cuisine saine ou des visites chez les artisans et maraîchers. Tout est personnalisable en fonction de la demande.

Pour créer votre potager

Concrètement, la petite équipe de Incredible Company propose un service complet qui va de l’installation du potager à l’organisation des équipes de collègues, en passant par le conseil permanent et même le renfort de l’équipe si nécessaire. Vous voulez planter des tomates ? Vous saviez qu’il existe plus de 1000 sortes de tomates ? Vous allez en apprendre des choses avec votre potager. Et puis surtout, bonheur suprême, nous explique Vincent, la dégustation, entre collègues, de ce que l’on a soi-même fait pousser.

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www.incrediblecompany.bio

(article publié dans Metro en 2017 par-là…)

Pour une « sain » Valentin !

On ne veut plus des fleurs qui tuent!

La production de fleurs dans le monde est une véritable catastrophe écologique et sociale. L’immense majorité des fleurs vendues chez nous viennent des pays de l’est de l’Afrique, comme le Kenya. Elles poussent sous une pluie de produits chimiques toxiques très agressifs. Les conditions de travail des petites mains du secteur sont inhumaines. Et dans ce domaine où le bio se développe très peu, Fairtrade semble l’alternative la plus respectueuse des travailleurs et de l’environnement.

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 Le bio ? Rarissime !

Après de nombreuses recherches, il semble que les seuls producteurs de fleurs labélisées bio soient néerlandais. La société Zann Organic, par exemple. On retrouve ses bouquets dans des enseignes bio tels que les magasins Sequoia. Le label bio qui s’applique ici est le label bio officiel utilisé pour le matériel de reproduction (comme les bulbes). C’est donc un label sûr, mais il reste extrêmement rare sur les fleurs coupées.

Le paradoxe du local

Une production proche de chez nous a moins d’impact environnemental ? Et non ! Car il faut savoir que la plupart des fleurs européennes vendues en Belgique proviennent des Pays-Bas où elles poussent sous serres chauffées, très énergivores. L’un dans l’autre, même avec le trajet, les fleurs africaines, qui poussent abondamment et en plein air, ont une emprunte carbone environ deux fois moins élevée que leurs cousines hollandaises pour lesquelles il faut parfois l’équivalent d’un litre et demi de pétrole pour faire pousser… une seule fleur !

Fairtrade à la rescousse

Selon Fairtrade Belgium (anciennement Max Havelaar), une ferme sera labélisée Fairtrade en fonction de l’impact positif sur la condition sociale et économique du travailleur, mais aussi sur sa santé. Ce qui implique donc aussi que les travailleurs (des travailleuses en général), ne subissent pas la toxicité des produits chimiques. Fairtrade interdit également d’épuiser ou de polluer les ressources naturelles locales. Il y a donc moins de substances nocives dans le produit final, comme l’explique Bernard Buntinx, de Fairtrade Belgium : « Des études ont été effectuées pour déceler les traces de résidus chimiques dans les fleurs émanant de plantations labélisées Fairtrade. Aucune trace de résidus chimiques toxiques n’ont été retrouvées! Des produits chimiques peuvent bel et bien être utilisés pour traiter les fleurs Fairtrade. Mais ils ne peuvent en aucun cas représenter un danger pour l’homme ou pour l’environnement ».

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La Belgique à la traîne

En Allemagne, 400 millions de fleurs labélisées Fairtrade ont été vendues en 2015. En Belgique, seulement 300 mille pour la même période. Un chiffre dérisoire… mais les ventes de 2016 semblent bien meilleures, nous confie Bernard Buntinx.

D’autres labels écologiques

MPS-A (label environnemental néerlandais), FFFP (Fair Flowers Fair Plants, combine MPS-A et critères sociaux) et FLP (Flower Label Program, associe aussi critères sociaux et environnementaux).

Chez « Moments Subtils » à Bastogne, par exemple, on vend les fleurs certifiées FFFP et on fait un véritable travail de sensibilisation. « Le client se soucie rarement d’où proviennent les fleurs. Nous expliquons quotidiennement l’intérêt des fleurs FFFP et Fairtrade», affirment Sofia et Marc Noël, les patrons de la boutique. Leur volonté est de vendre également des fleurs bio.

Alors, que fait-on ?

Le consommateur peut faire changer les choses en relayant massivement une demande. Chez votre fleuriste ou dans votre supermarché, demandez les fleurs bio ou Fairtrade. Si la demande se fait sentir, l’offre suivra !

Quelques enseignes vendent déjà les fleurs Fairtrade. Certains Delhaize, Carrefour et Lidl entre autre. Vous trouverez la liste sur www.fairtradebelgium.be. Vous préférez commander sur le net ? C’est par ici ! : www.aquarelle.be.

Mais aussi…

  • Tant qu’à faire, demandez des fleurs de saison, elles sont toutes aussi belles !
  • Réservez un coin de votre jardin pour faire pousser vos propres fleurs à couper… (Pour commander des graines et bulbes bio, vous pouvez vous rendre sur ecoflora.be ou sur www.fermedesaintemarthe.com).
  • Allez couper vous-même les fleurs au champ. Vous pouvez trouver une liste des champs participants en Wallonie sur fleursacouper.be. À Bruxelles, il y a par exemple Fruit-Time à Anderlecht. Et c’est bon marché ! Comptez environ 10 € pour une vingtaine de fleurs.

 

 

Christophe Hardiquest, le penseur de festins

Capture d_écran 2017-11-02 à 17.29.30« Il faut apprendre à manger moins mais mieux »

Une interview que je me devais de partager ici, sur ce blog qui aime le BIO car ce genre de Chef étoilé et engagé représente un vrai espoir de faire changer les mentalités (article publié dans le journal Metro du 23 avril 2016)

Le chef belge doublement étoilé Christophe Hardiquest lit beaucoup. Engagé, il aime à philosopher. Il prône le ‘Manger moins mais mieux’ pour plus d’écologie, plus de santé, plus de petits bonheurs retrouvés comme celui de cuisiner des produits simples et savoureux en famille. Confidences d’un chef bourré d’ambitions pour qui la cuisine est un outil de révolution.

Quels sont vos produits fétiches et où dénichez-vous les meilleurs ?

« J’aime tous les produits. En ce moment je cuisine beaucoup l’asperge. Je vais la trouver à Jurbize chez Stéphane Longlune ou en France chez Sylvain Erhardt. Pour le reste, on travaille avec trois jardins : mon beau-frère s’occupe des aromatiques et des tomates, les racines viennent de chez Longlune et pour des choses plus conventionnelles comme la salade de blé ou les épinards, nous allons dans un jardin à Anderlecht. Tout est bio. C’est indispensable ! Nous travaillons le plus possible en direct. Les intermédiaires n’ont pas de sens selon moi. »

Consommer bio et local, votre façon de changer le monde ?

« Si l’on veut que les choses changent, on doit changer notre façon de consommer. On doit absolument contrecarrer la surproduction malfaisante, industrielle, les produits qui n’ont pas de goût… Il faut apprendre à manger moins mais mieux. Il faut arrêter avec les buffets énormes où l’on jette la moitié et éviter le gaspillage dans les supermarchés. On n’a pas besoin de production industrielle pour nourrir sainement tout le monde, c’est juste une question de prise de conscience et d’organisation. Et c’est maintenant qu’il faut prendre le changement par la main, avant qu’il ne vous prenne à la gorge ! »

En Belgique, on tourne vite en rond, non, avec les produits bio et locaux ?

« Non, vous vous trompez. La Belgique est un pays très bien fourni. Je suis parfois encore étonné ! Il faut juste tomber sur les bonnes personnes, passionnées par leurs produits. Et ce n’est pas facile parce que souvent, ces gens ne se mettent pas en avant, ne sont pas connus. Tout se fait de bouche à oreille. Pour ne prendre qu’un seul exemple, je suis un amoureux du potiron. Il en existe des centaines de variétés et des milliers de façons de les cuisiner. Ceci dit, c’est sûr qu’on est en manque d’artisanat. Le Belge est souvent tourné avant tout vers la rentabilité. C’est malheureusement entre autre à cause d’une question de fiscalité qui, en Belgique, sape la créativité et donc souvent la qualité. »

BONBON-le Chef et ses Hommes1

Pensez-vous que les chefs aujourd’hui ont un rôle à jouer par rapport à cette question cruciale de l’alimentation ?

« Bien sûr ! On a un rôle à jouer en tant que leader d’opinion, pour faire prendre conscience aux consommateurs qu’ils ne doivent plus consommer de manière non réfléchie. Acheter, c’est un vote quotidien. Arrêtons d’acheter des fraises d’Espagne en plein hiver ! C’est le seul moyen pour que les choses changent. Et nous nous reconnecterons avec la nature et avec les saisons. Personnellement, je me sens investi d’une mission. J’ai d’ailleurs plein de projets en tête autour de ça. Et quitte à parler de révolution, je trouve que les enfants devraient avoir à l’école des cours d’alimentation, tout comme ils ont des cours de religion ou de morale. Notre système éducatif est obsolète. Nous devons, vous comme moi, le dire haut et fort : nous voulons du changement !»

Concrètement, comment votre côté écolo se traduit-il dans votre métier au quotidien ?

« Nous faisons des efforts concernant le recyclage et l’énergie bien sûr. Au niveau des modes de conservation également, j’utilise une méthode ancestrale de lacto fermentation qui me permet de conserver les légumes dans des pots en terre cuite. Il faut mettre en place tout un processus mais cela permet de déguster de délicieux légumes en toutes saisons et ce, sans utiliser d’énergie et en apportant une plus value au niveau du goût. Aussi, pour les produits de la mer, je fais partie d’une association qui s’appelle ‘NorthSeaChefs’, mise en place par un autre chef belge, Filip Claeys (restaurant De Jonkman à Bruges, également doublement étoilé, ndlr), et qui prône la pêche durable. Je cuisine donc souvent des poissons moins connus, moins ‘nobles’ comme on dit, mais qui ne sont pas en surpêche. »

 Il semble que votre empathie vous pousse à vouloir impacter le monde qui vous entourre…

« Je suis quelqu’un d’hypersensible. J’essaye d’amener le positif autour de moi. De manière globale, je veux être le changement et transmettre cette voie du changement qui me semble être juste. A plus petite échelle, mon côté humain facilite le travail en équipe. Chaque collaborateur a son rôle à jouer. Je pense avoir ces qualités de pouvoir dire clairement ce que j’attends des gens, déléguer et de communiquer ma vision des choses, ma philosophie. Cette dernière, j’essaye évidemment de la transmettre aux clients également. »


Qui est Christophe Hardiquest ?
Christophe Hardiquest est un jeune quadra d’origine namuroise. Il est le chef du restaurant bruxellois « Bonbon » (Avenue de Tervueren 453), qui a reçu en 2013 une deuxième étoile au Guide Michelin, et obtenu en 2015 une cote de 19,5/20 au Gault&Millau, ce qui le place à égalité avec Peter Goosens, le chef du Hof Van Cleve (titré meilleur restaurant du monde !). Christophe Hardiquest est père de trois enfants et travaille avec son épouse. La réflexion philosophique est au cœur de son travail, ce qui lui vaut les surnoms de ‘chef-philosophe’ et ‘chef-nature’.
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Sang Hoon Degeimbre ouvre un troisième « San »

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« Je suis un peu utopique et idéaliste et je l’assume ! »

J’ai rencontré, pour le quotidien Metro, ce gentil Chef aux délicieuses intentions bio. Son agile cerveau en arborescence n’a pas chômé ces dernières années puisqu’il vient d’ouvrir son quatrième restaurant et qu’il a mis en place un système de livraison qui permet de livrer tout ce beau cheptel en produits bio et en direct de son propre potager. Ce dernier, installé dans les jardins de son premier restaurant « L’air du temps » (deux étoiles au Michelin s’il vous plaît) à Éghezée, j’irai bientôt le visiter pour pouvoir vous partager de belles photos et ses trucs et astuces de jardinier gourmand. En attendant, il nous parle de son troisième « San » (donc son quatrième restaurant, suivez un peu !) qui vient d’ouvrir à Gand.

(article publié dans Metro le 28 octobre 2017)

La cuisine urbaine de Sang Hoon Degeimbre débarque à Gand

Après avoir ouvert deux « San » à Bruxelles, le Chef Sang Hoon Degeimbre, doublement étoilé pour son restaurant « L’air du temps » à Éghezée, ouvre un troisième « San » à Gand. Sa cuisine ‘urbaine’, comme il aime la qualifier, déboule donc en Flandre avec comme note de tête toujours ses fameux bols-cuillères et comme note de cœur une touche de cuisine coréenne et l’amour du produit authentique.

SAN - © Pieter D'Hoop-48(@Pieter D’Hoop)

Pourquoi avoir choisi la ville de Gand après Bruxelles ?

« J’ai pensé que ce serait un écrin parfait pour un ‘San’ car c’est une ville alternative, qui offre des adresses plus ciblées, plus ‘niche’. Elle me semble beaucoup plus en évolution qu’Anvers par exemple. Et puis elle a gardé une dimension humaine, le piéton est roi, tout comme le client est roi chez moi. »

Ces trois « San » se ressemblent-ils tant que ça ?

« Je les vois comme trois arbres. Trois chênes qui se ressemblent fondamentalement mais qui ne sont absolument pas les mêmes quand on regarde de près. C’est comme trois enfants d’une même fratrie. Ils ont un air de famille mais leur propre personnalité. »

C’est quoi cet ‘air de famille’ ?

« Le fil conducteur, c’est le bol et la cuillère, qui permettent d’avoir tous les goûts en bouche en une cuillerée. C’est de la gastronomie débridée: on garde tous les paramètres de sérieux du travail bien fait mais on enlève le côté engoncé de la gastronomie classique. On la rend plus fun, plus actuelle. C’est d’ailleurs pour cela qu’on a choisi ce nom ‘San’ parce que c’est mon surnom, donc la version décontractée de mon nom et ça représente bien l’idée générale du concept. »

Ce que tu proposes chez San est très différent de l’air du temps. Quels sont les marqueurs de cette cuisine San?

« À L’air du temps, je fais de la cuisine rurale, de terroir, et c’est ce que j’aime bien sûr mais j’ai plusieurs facettes. J’aime le calme de la campagne mais aussi l’animation, voire la frénésie, des villes, qui vous énergise. Chez ‘San’, c’est une cuisine urbaine, avec plusieurs influences culturelles qui se mélangent. On a un rappel de l’air du temps avec des plats signature ou des accords signature mais on a une inspiration internationale avec telle ou telle épice, tel ou tel produit qui m’a inspiré durant mes voyages. Beaucoup de saveurs coréennes évidemment. »

L'air du temps - © Pieter D'Hoop-22(@Pieter D’Hoop)

C’est compliqué de gérer quatre adresses?

« Non, car je délègue facilement. On fonctionne par fidélité et loyauté dans notre équipe. Pour le premier ‘San’, j’ai voulu remercier la fidélité d’un de mes élèves en lui offrant la possibilité d’avoir son propre bébé. Puis, il y a eu une autre belle rencontre avec Joël Rammelsberg, qui deviendra le Chef du ‘San’ au sablon et qui va mener la barque du ‘San’ de Gand également. »

Ils ont une grande marge de manœuvre tes Chefs ?

« Oui, ils peuvent créer des plats que l’on goûte ensemble. À Gand, dans un premier temps, il y aura quelques plats signature de L’air du temps comme le ‘purple duck’ ou le ‘Liernu’, un assortiment de légumes de notre potager. Cependant, le Chef sur place à toujours la liberté d’innover. En fait, je prône vraiment la proximité avec le client qui peut lui aussi faire évoluer les choses. On prend en compte son avis, on essaye de lui faire plaisir en le surprenant. »

Fichier 25-10-2017 14 45 01L’équipe du « San » de Gand. (@Pieter D’Hoop)

Quelles caractéristiques doit avoir un produit pour se retrouver dans tes plats ?

« Je dois savoir d’où il vient, qui l’a fait, comment il l’a fait… Je veux vraiment connaître le producteur, comprendre son histoire, pour avoir quelque chose à raconter. J’aime bien l’idée: un producteur = un produit. Je travaille avec des produits de saison évidemment. Je suis un cuisinier moderne qui se préoccupe d’écologie, de santé… je suis un peu utopique et idéaliste et je l’assume ! »

Bonnes pour la santé, comme la fermentation par exemple ?

« Oui, je fais ça depuis une dizaine d’années, avant que ce soit à la mode (rire). J’ai été sensibilisé par cette méthode quand je me suis rendu en Corée, là où je suis né. Ils utilisent énormément la fermentation car c’était leur moyen de conservation avant que le pays ne se développe et devienne la Corée telle qu’on la connaît aujourd’hui. Avant, c’était un pays très pauvre, comme tout pays a pu l’être à un moment donné de son histoire et c’est d’ailleurs ce qui fait que des méthodes originales naissent. Le gros avantage de la fermentation c’est que c’est très bon pour la santé. On met les fruits ou légumes dans de la saumure, donc de l’eau et du sel, et ce dernier va empêcher la prolifération de mauvaises bactéries tout en permettant celle des bonnes, les bactéries lactiques, excellentes pour la santé. Certains minéraux s’y développent également. En plus, c’est très intéressant gustativement et cela permet de manger des fruits et légumes d’été en hiver et vice-versa. »

Un moyen de ne rien gaspiller de votre magnifique potager à Éghezée !

« Oui, on a un jardin de cinq hectares à L’air du temps, qu’on cultive de manière totalement naturelle et respectueuse de l’environnement. On n’utilise aucun intrant chimique, on a remis des abeilles, on suit les principes de la biodynamie… C’est juste magnifique, il faut le voir ! »

P-L'air du temps - summer 2017 - © Pieter D'Hoop-242-2(@Pieter D’Hoop)

www.sanbxl.be

www.airdutemps.be

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Déo et débat

Quoi ? Tu fouettes des touffettes ? Tu aimerais un deo efficace mais sans la baignoire de produits chimiques ? J’ai fait ma petite enquêtounette et j’ai appris des choses, que je partage avec vous. Notamment que c’est pas mauvais en soi de bloquer la transpi (quoiii ? Mais c’est pas naturel d’empêcher la trans’ de sortir ! Laissez-là sortiiiir ! Je vais pourrir des aisselles, mes dessous de bras suffoquent, oh mon Dieeeeu j’ai maaaal…). Non. Fausse croyance. Ces glandes-là, elles ne servent plus à rien à part vous faire acheter du deo. C’est pas moi qui le dit mais un éminent professeur de l’hôpital universitaire Saint-Luc, à qui j’ai posé la question. Donc, bloquer la transpiration des dessous de bras ne serait pas mauvais en soi. SAUF si on bloque tout ce flux avec de l’aluminium. Là, ça craint un max. Et pas de chance: c’est bien sûr l’ingrédient principal d’un deo efficace. Il y a bien la pierre d’alun… Mais si elle s’appelle « Alun » c’est parce qu’elle contient aussi de l’aluminium.  MAIS de l’aluminium naturel, en rikiki doses et en moins mauvais. Ceci dit, il y a d’autres alternatives, encore plus ‘safes’. Lis-ça, en fait, ça va peut-être t’éclairer:

(article publié dans le BIOTEMPO n°11)

Un Déo « zéro défauts »

Utiliser un déodorant est devenu un geste souvent quotidien. C’est pourquoi il faut être d’autant plus vigilant quand à sa composition. La peau des aisselles est particulièrement perméable et un des composants des déodorants chimiques, les sels d’aluminiums, est régulièrement pointé du doigt comme ayant un rôle dans l’apparition du cancer du sein. Vigilance donc… Heureusement, les alternatives naturelles sont nombreuses !

D’abord, une mise au point s’impose. Il y a une différence entre le déodorant, qui « masque » l’odeur et l’anti transpirant (ou anti perspirant), qui bloque la transpiration. On entend souvent qu’empêcher ce mécanisme est néfaste pour l’organisme. C’est une fausse croyance. Les glandes sudoripares au niveau des aisselles sont inutiles, comme l’explique le professeur Dominique Tennstedt, dermatologue à l’hôpital Saint-Luc. « Ces glandes viennent de notre passé animal. Elles servaient surtout à identifier l’individu. Si la transpiration a bien sûr un rôle majeur dans la régulation de la température corporelle, elle s’effectue par bien d’autres manières que via les aisselles. »

Chouette nous direz-vous ! Le problème, c’est que le seul moyen efficace d’empêcher la transpiration, ce sont les fameux sels d’aluminiums. Et si aucune conclusion définitive et officielle n’affirme qu’ils favorisent l’apparition du cancer du sein, une énième étude, suisse celle-ci, publiée dans l’International Journal of Cancer, vient de démontrer clairement qu’une exposition prolongée peut entrainer l’apparition de tumeurs (voir l’enquête complète quelque part ici : www.unige.ch). Par précaution, il vaut donc mieux évitez ces sels d’aluminiums. Sauf ceux présents de manière naturelle et en infimes quantités dans… la pierre d’Alun !

Attention, toutes les pierres d’alun ne sont pas naturelles. Certaines sont synthétiques. Sur les étiquettes, la pierre d’alun naturelle est identifiée comme « potassium alum », comme dans le déodorant bio aux cristaux d’alun de la marque Acorelle, par exemple. Tandis que la pierre d’alun synthétique se dit « ammonium alum ».

La quantité de molécules qui pénètrent la peau est multipliée par six sur une peau irritée. Mais de manière générale, comme la peau des aisselles est très fine et perméable, évitez les compositions obscures et complexes, souvent bourrées de sels d’aluminiums synthétiques, mais aussi de parabens perturbateurs endocriniens ou encore de triclosan.

Et c’est facile, parce qu’au niveau des déodorants, de nombreuses alternatives naturelles existent. Leur action ? Parfumer pour masquer les odeurs, mais aussi nettoyer, voire désinfecter, car les mauvaises odeurs résultent de la prolifération des bactéries.

Vous pouvez utiliser des déodorants tout faits comme le déodorant de la marque Weleda au citrus ou celui de chez Melvita à l’aloe vera.

Une méthode encore plus naturelle ? Saupoudrer un peu de bicarbonate de soude alimentaire sous les aisselles en sortant de la douche ou encore tapoter avec un coton imbibé d’un peu d‘alcool ou de vinaigre de cidre, qui vont pulvériser les bactéries. Et ensuite, vous pouvez appliquer un mélange d’huile végétale agrémenté de quelques gouttes d’huile de Cyprès, ou un hydrolat comme celui à la menthe poivrée de chez Bioflore… pour le plaisir olfactif.

Le saviez-vous ?

Il faut changer régulièrement de déodorant pour garder un effet optimal. Le derme s’habituerait aux formules ! Heureusement, vous avez le choix: Pachamamaï, Lamazuna, Clémence et Vivien, sont autant d’autres jolies marques naturelles à tester.