Pour une « sain » Valentin !

On ne veut plus des fleurs qui tuent!

La production de fleurs dans le monde est une véritable catastrophe écologique et sociale. L’immense majorité des fleurs vendues chez nous viennent des pays de l’est de l’Afrique, comme le Kenya. Elles poussent sous une pluie de produits chimiques toxiques très agressifs. Les conditions de travail des petites mains du secteur sont inhumaines. Et dans ce domaine où le bio se développe très peu, Fairtrade semble l’alternative la plus respectueuse des travailleurs et de l’environnement.

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 Le bio ? Rarissime !

Après de nombreuses recherches, il semble que les seuls producteurs de fleurs labélisées bio soient néerlandais. La société Zann Organic, par exemple. On retrouve ses bouquets dans des enseignes bio tels que les magasins Sequoia. Le label bio qui s’applique ici est le label bio officiel utilisé pour le matériel de reproduction (comme les bulbes). C’est donc un label sûr, mais il reste extrêmement rare sur les fleurs coupées.

Le paradoxe du local

Une production proche de chez nous a moins d’impact environnemental ? Et non ! Car il faut savoir que la plupart des fleurs européennes vendues en Belgique proviennent des Pays-Bas où elles poussent sous serres chauffées, très énergivores. L’un dans l’autre, même avec le trajet, les fleurs africaines, qui poussent abondamment et en plein air, ont une emprunte carbone environ deux fois moins élevée que leurs cousines hollandaises pour lesquelles il faut parfois l’équivalent d’un litre et demi de pétrole pour faire pousser… une seule fleur !

Fairtrade à la rescousse

Selon Fairtrade Belgium (anciennement Max Havelaar), une ferme sera labélisée Fairtrade en fonction de l’impact positif sur la condition sociale et économique du travailleur, mais aussi sur sa santé. Ce qui implique donc aussi que les travailleurs (des travailleuses en général), ne subissent pas la toxicité des produits chimiques. Fairtrade interdit également d’épuiser ou de polluer les ressources naturelles locales. Il y a donc moins de substances nocives dans le produit final, comme l’explique Bernard Buntinx, de Fairtrade Belgium : « Des études ont été effectuées pour déceler les traces de résidus chimiques dans les fleurs émanant de plantations labélisées Fairtrade. Aucune trace de résidus chimiques toxiques n’ont été retrouvées! Des produits chimiques peuvent bel et bien être utilisés pour traiter les fleurs Fairtrade. Mais ils ne peuvent en aucun cas représenter un danger pour l’homme ou pour l’environnement ».

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La Belgique à la traîne

En Allemagne, 400 millions de fleurs labélisées Fairtrade ont été vendues en 2015. En Belgique, seulement 300 mille pour la même période. Un chiffre dérisoire… mais les ventes de 2016 semblent bien meilleures, nous confie Bernard Buntinx.

D’autres labels écologiques

MPS-A (label environnemental néerlandais), FFFP (Fair Flowers Fair Plants, combine MPS-A et critères sociaux) et FLP (Flower Label Program, associe aussi critères sociaux et environnementaux).

Chez « Moments Subtils » à Bastogne, par exemple, on vend les fleurs certifiées FFFP et on fait un véritable travail de sensibilisation. « Le client se soucie rarement d’où proviennent les fleurs. Nous expliquons quotidiennement l’intérêt des fleurs FFFP et Fairtrade», affirment Sofia et Marc Noël, les patrons de la boutique. Leur volonté est de vendre également des fleurs bio.

Alors, que fait-on ?

Le consommateur peut faire changer les choses en relayant massivement une demande. Chez votre fleuriste ou dans votre supermarché, demandez les fleurs bio ou Fairtrade. Si la demande se fait sentir, l’offre suivra !

Quelques enseignes vendent déjà les fleurs Fairtrade. Certains Delhaize, Carrefour et Lidl entre autre. Vous trouverez la liste sur www.fairtradebelgium.be. Vous préférez commander sur le net ? C’est par ici ! : www.aquarelle.be.

Mais aussi…

  • Tant qu’à faire, demandez des fleurs de saison, elles sont toutes aussi belles !
  • Réservez un coin de votre jardin pour faire pousser vos propres fleurs à couper… (Pour commander des graines et bulbes bio, vous pouvez vous rendre sur ecoflora.be ou sur www.fermedesaintemarthe.com).
  • Allez couper vous-même les fleurs au champ. Vous pouvez trouver une liste des champs participants en Wallonie sur fleursacouper.be. À Bruxelles, il y a par exemple Fruit-Time à Anderlecht. Et c’est bon marché ! Comptez environ 10 € pour une vingtaine de fleurs.

 

 

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