Couper ses cheveux : un geste pas si anodin

Il y a un lien direct entre notre force vitale et notre chevelure, cette matière vivante souvent considérée comme un élément superficiel alors qu’elle parle pourtant si bien de nous. Notre tignasse n’est-elle pas tristounette quand nous sommes épuisés  ? Rencontre avec Sébastien Ledentu qui pratique la «  coupe énergétique » et qui m’a livré quelques bribes de son savoir extraordinaire sur les mystères capillaires, tout en coupant mes cheveux… comme un artiste peint sa toile  ! 

Sur une charmante petite placette bruxelloise qui surplombe le Manneken Pis, niché au deuxième étage d’une maison qui a dû naître avant la Belgique elle-même, je découvre l’antre de Sébastien Ledentu. «  Le centre de Bruxelles possède des endroits extrêmement puissants énergétiquement  » nous dira celui-ci, qui est né à Compiègne près de Paris et qui, après avoir vécu longtemps à Marseille, est devenu un des plus fervents ambassadeurs de notre capitale où il s’est installé en 2010. Alors, bien sûr, l’emplacement de son salon, il l’a choisi avec attention. Dès mon arrivée, je suis accueillie chaleureusement par son collaborateur Serge Picard et je ressens un apaisement immédiat. Comme un sentiment de bienveillance couplé à celui de se sentir exactement au bon endroit.  

Prendre le temps 

Mon intuition sera vite confirmée par ma rencontre avec «  l’artiste  » qui reçoit une seule personne à la fois, histoire de pouvoir réellement l’écouter et la bichonner. Prévoyez bien deux heures si vous venez le consulter (ce mot n’est pas choisi au hasard). Moi, j’y suis même restée deux heures et demie. Mon côté babelutte n’a pas résisté à son oreille attentive. Et je vous promets qu’à aucun moment Sébastien n’a essayé de me pousser vers la sortie ! Il m’a écoutée religieusement en caressant ma chevelure qui ronronnait de plaisir et en m’expliquant en détail chacun de ses gestes. Ce sera d’ailleurs ma première conclusion  : ici, on a le droit de prendre le temps.

  

«  J’ai une relation d’amour avec le cheveu  »  

Plus qu’une vocation, son métier est une véritable passion  : «  Il m’est arrivé d’avoir envie d’écourter mes vacances parce que les cheveux me manquaient. J’ai réellement une relation d’amour avec le cheveu et ce, depuis l’enfance, quand je coupais tout ce qui y ressemblait, de la poupée Barbie aux franges des fauteuils crapaud », me confie Sébastien Ledentu. Cependant, ce dernier est loin d’être seulement un technicien. Il aime d’ailleurs qualifier son métier de «  psychocapillaire  » car il considère la personne comme un tout, le psychique se reflétant aussi dans la chevelure. Avant de couper et si vous le permettez, Sébastien vous partagera quelques interprétations liées à ses observations. Chaque zone du cuir chevelu représente une sphère émotionnelle  : celle de la relation avec le père ou avec la mère, celle de l’intellect, celle du «  Moi  » profond, etc. En ce qui me concerne, et en très résumé, j’avais selon lui les cheveux «  énervés  » car on pouvait voir beaucoup d’électricité statique. J’avais également beaucoup d’agitation dans mon «  Moi  » profond et puis un intellect très (trop) occupé. Des observations décelées dans mon implantation, mes épis, mes ondulations, les endroits où les nœuds étaient formés…   

Une pincée de Shiatsu 

Deuxième étape  : après avoir été complètement apprivoisée, je suis invitée à m’installer dans le fauteuil auto massant pour le shampoing. Celui-ci s’accompagne d’un long massage sous les doigts experts du maître (j’en rêve encore) suivi de pressions de type Shiatsu sur le trajet des méridiens qui serpentent sur mon crâne (et hop  ! On décoince quelques nœuds énergétiques tant qu’on y est). Pour Sébastien, il est très important de n’agir sur le cheveu que si la personne est détendue  : «  j’ai vu des colorations capillaires qui tournaient juste parce que la personne était angoissée  », m’explique-t-il. Pas de soucis me concernant, je suis à point  ! 

Couper les yeux fermés 

Du calme, pas de risques de vous retrouver avec un bout d’oreille en moins, ce n’est pas lui qui a les yeux fermés mais vous  ! Sébastien conseille de garder les yeux fermés lors de la coupe pour pouvoir avoir pleinement conscience des sensations. Et je n’en n’ai JAMAIS ressenties de telles  ! Après avoir été aiguisée minutieusement sur un cuir (le geste est beau !), la lame vient glisser sur chaque mèche et tranche sans remords tout ce qui n’a plus lieu d’exister. «  Les ciseaux abiment les cheveux car ils écrasent l’extrémité et cela les fragilise », précise le coiffeur qui explique aussi que l’intérêt de la lame c’est la sensation qu’elle procure sur le crâne. En effet, pour pouvoir couper, la lame doit tirer légèrement sur les cheveux. C’est extrêmement étonnant comme sensation et cela entraîne d’ailleurs chez moi des réactions dans plusieurs endroits de mon corps liés, apparemment, aux trajets des méridiens.  

Et après ? 

Je suis une femme nouvelle  ! J’ai la sensation d’avoir une coupe qui me ressemble et mon entourage est unanime  : je fais plus jeune et j’ai l’air plus en forme. Après quelques jours et quelques lavages, je remarque aussi que mes cheveux se «  mettent bien  » sans que je ne doive m’en occuper spécialement (ce qui arrange vraiment une maman comme moi qui vit à cent à l’heure). La seule chose qui me déçoit un peu c’est que mes cheveux poussent trop lentement à mon goût, reléguant la réjouissance d’une prochaine visite chez Sébastien dans un futur bien trop lointain ! 

Sébastien y tient  : 

  • Il faut masser le cuir chevelu délicatement (ne pas frotter) pour stimuler le petit muscle (oui, chaque cheveu possède un muscle) et décoller le bulbe. Ce dernier est parfois un peu coincé, or, le cheveu est le seul organe du corps qui peut pivoter à 360°. Rendez-lui donc sa liberté ! 
  • Chaque bulbe possède deux vaisseaux sanguins. Mis bout à bout, les vaisseaux sanguins de la chevelure représentent 25.000 km  de long ! Le cuir chevelu est donc un organe important qui mérite le respect : traitez-le avec de la douceur et des produits naturels. 
  • Le cheveu a une durée de vie de 5 à 7 ans et il possède entre 25 et 30 cycles, évitez donc de vous arracher les cheveux, ils ne sont pas éternels. 

Sébastien Lendentu, place de la Vieille Halle aux blés, 27, à 1000 Bruxelles. Téléphone  : 02/511.80.06. Serge prend les rendez-vous exclusivement par téléphone car il veut «  entendre  » la personne. Il se définit d’ailleurs comme «  la voix   » !  

wwww.sebastienledentu.com 

Son livre  :  «  La coupe énergétique. Le cheveu sous l’Âme du rasoir », 157 pages, aux éditions Amyris. 

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